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POLITIQUE
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 Après le ralliement de Moussa Sy, maire des Parcelles Assainies, au camp présidentiel, c’est au tour du maire de Saly Ousmane Guèye de lui emboiter le pas. Ce ralliement de plus et certainement pas le dernier réveille à nouveau les vieux démons de la transhumance des hommes politiques sénégalais à quelque cinq mois des élections présidentielles et nous pousse à nous interroger sur l’impact que ce phénomène peut avoir sur les prochaines élections du 24 février 2019. 

 

Le dictionnaire français définit la transhumance comme un «déplacement saisonnier d’un troupeau en vue de rejoindre une zone où il pourra se nourrir». Autrement dit, une situation permanente de recherche de meilleures conditions de subsistance. Par analogie, la transhumance en politique est assimilable à cette pratique des troupeaux. Dans le sens où certains hommes politiques, en particulier au Sénégal, n’hésitent pas à quitter leur parti à la suite de la perte du pouvoir pour rallier le parti au pouvoir ou simplement quitter l’opposition pour la mouvance présidentielle. Ce phénomène n’est pas nouveau au Sénégal. Si on promène le regard au plus haut sommet de l’État sénégalais, on retrouve des hommes politiques qui ont fait leurs premiers pas en politique avec Senghor.

A la suite du multipartisme limité senghorien et le multipartisme total instauré par le président Abdou Diouf, ces hommes-là pour la plupart d’entre eux ont créé leur parti politique. Après plusieurs tentatives sans succès aux différentes élections surtout présidentielles au Sénégal, ils font la navette entre l’opposition et le pouvoir. Au lendemain de l’Alternance de 2012, avec un président né après les indépendances, on avait cru que ce phénomène entre autres pratiques serait partie des faits rangés aux oubliettes de notre histoire politique/ Hélas ! Et pis encore, en observant le champ politique sénégalais depuis 2000, on note que le parti au pouvoir est porté par une coalition et celle-ci regroupe en son sein des partis assez représentatifs mais aussi des mouvements issus de la société civile ou venant des scissions de certains grands partis avec des militants qui se rangent derrière un leader.

En cette veille d’élection présidentielle, on a l’impression que la coalition au pouvoir dirigé par l’Apr attire, comme « la mangue attire les mouches » : certains partis politiques, mouvements citoyens ou politiques et leaders de l’opposition quittent leur camp pour rejoindre la mouvance présidentielle. Après Moussa Sy, maire des Parcelles Assainies, Modou Diagne Fada, Souleymane Ndéné Ndiaye,  le dernier en date, Ousmane Guèye, maire de Saly a fait allégeance depuis avant-hier, jeudi, au parti au pouvoir. Ces ralliements auront-ils cependant l’effet escompté? 

En toute objectivité, nous serons tentés de dire que c’est légitime pour le parti au pouvoir et sa coalition de chercher à se renforcer en vue de l’élection présidentielle de 2019, au moment où la coalition a connu quelques « saignées » avec la scission de l’Afp et du Ps. Dans le cas de ces partis cités, une partie a quitté la coalition avec le départ de Malick Gakou et de l’autre côté avec Khalifa Sall. Par ailleurs, après les élections législatives de 2017 où la mouvance présidentielle n’a récolté que seulement 49% du scrutin, avec des localités où c’est à quelques bulletins près qu’elle a obtenu la victoire au moment où elle a perdu une ville importante comme Touba, le renforcement de la base électorale s’imposait comme une nécessité. Qui plus est, avec la tendance actuelle en matière d’élection présidentielle, aller au second tour est une opération risquée pour les protagonistes particulièrement le parti au pouvoir car, à la moindre des choses, l’électorat pourrait basculer vers l’opposition. Les élections présidentielles de 2000 et de 2012 sont des exemples encore récents.

LES LEADERS QUI TRANSHUMENT SANS LEUR BASE

Cependant, depuis quelques temps, même si les leaders transhument, la base ne suit pas souvent. Car, ces dernières années, on note un refus catégorique voire une diminution conséquente des militants à suivre les consignes de vote données par ces leaders politiques. Par ailleurs, les Sénégalais ont une longue expérience électorale et reste un peuple éveillé qui s’intéresse à la politique. De plus en plus, ils décrient cette pratique des politiciens et perçoivent la transhumance comme un acte de trahison envers le peuple sénégalais et un manque de dignité des hommes politiques. Cela, du fait que ces hommes-là ne défendent pas des principes mais plutôt leurs intérêts particuliers. Dans la même foulée, les jeunes avec l’ouverture qu’ils ont sur le monde comprennent que la politique est une histoire de conviction. Car, on ne voit ces pratiques qu’en Afrique et particulièrement au Sénégal. Jamais, on ne verra en France ou aux États Unis un homme politique de droite rejoindre la gauche ou un républicain devenir démocrate ou vice-versa. Toutefois, il faut admettre que ces considérations gauche/droite tendent à disparaître.

Donc, au vu de toutes ces observations faites et avec toute la prudence que cela requiert, force est de reconnaître que maintenant les Sénégalais comprennent bien le jeu des politiciens. Ils sont là que pour leurs propres intérêts, et les Sénégalais sont assez mûrs et au moment de voter, ils voteront en leur âme et conscience et non pas pour faire plaisir à un politicien partir grossir les rangs de la mouvance présidentielle pour des intérêts crypto-personnels.

 

source : https://www.sudonline.sn/dada-de-la-classe-politique-gain-electoral-en-berne_a_41613.html

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