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La croissance économique marque le pas dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne

SOURCE ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES Afrique : trop d’œufs dans le même panierAfrique : trop d’œufs dans le même panier

La croissance économique marque le pas dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne. En cause : une dépendance excessive aux matières premières, dont les cours ont chuté.

Depuis 2015, l’Afrique subsaharienne connaît un ralentissement marqué de son rythme de croissance. Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) d’octobre dernier, il devrait nettement décélérer à 1,4 % en 2016, après 3,4 % l’année dernière. Cette situation contraste fortement avec celle qui prévalait au cours de la période 2000-2014, quand la région connaissait une croissance moyenne annuelle de 5,6 %, l’une des plus dynamiques au monde.

 

Ce ralentissement témoigne principalement de la sensibilité de l’Afrique subsaharienne aux prix des matières premières et des produits de base, qui représentent près de 80 % de ses exportations. Bien qu’il s’infléchisse en 2016, le net repli des cours mondiaux des matières premières entamé au deuxième semestre de l’année 2014 - depuis juillet 2014, le prix du pétrole s’est replié de près de 60 % en deux ans, celui du cuivre de 30 %, celui du blé de 26 %, etc. - a durement impacté un grand nombre de pays producteurs de la région.

Le Ghana continue de présenter des déséquilibres macroéconomiques d’ampleur malgré le soutien du FMI et de la Banque mondiale

 

Les grands pays pétroliers sont évidemment les plus touchés. En 2016, le Nigeria devrait connaître une récession de son produit intérieur brut (PIB) de l’ordre de 1,8 %, alors que la croissance de l’Angola devrait stagner (0 % en 2016, après 3 % en 2015). Celle de la région Cemac (Afrique centrale), dont la plupart des pays connaissent aussi une dégradation de leur environnement politique, a nettement ralenti, pour atteindre 1,9 % en 2016. Les autres pays producteurs de matières premières et de produits de base enregistrent également un ralentissement. C’est particulièrement le cas de l’Afrique du Sud, dont la croissance est attendue à 0,1 % en 2016, de la Zambie et du Ghana. Ce dernier continue de présenter des déséquilibres macroéconomiques d’ampleur (large déficit public et dynamique rapide de réendettement, déficit courant élevé, etc.) en dépit du soutien du FMI et de la Banque mondiale. Enfin, plusieurs pays d’Afrique australe et orientale sont touchés par une grave sécheresse, notamment l’Ethiopie, dont les performances de croissance devraient ralentir à 6,5 % en 2016, après plus de 10 % en 2014 et 2015.

Les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ayant conclu un accord de limitation de l’offre pétrolière le 30 novembre dernier, un léger rebond du prix du pétrole et des matières premières est attendu en 2017. Mais en dépit de cet accord, les cours de l’or noir devraient rester instables et se maintenir bien en deçà des niveaux enregistrés au début de la décennie 2010. La faiblesse des cours du pétrole devrait donc continuer d’impacter la trajectoire de croissance de la région à court terme, sur fond de durcissement des conditions de financement sur les marchés financiers internationaux.

Les cours de l’or noir devraient se maintenir bien en deçà des niveaux enregistrés au début de la décennie 2010

 

Selon le FMI, la croissance en Afrique subsaharienne resterait ainsi limitée à 4 % en 2017. Dans ce contexte, le principal enjeu pour une grande partie des pays de la région sera de s’adapter à la brutale diminution de leurs recettes budgétaires et d’exportations. Il leur faudra aussi ajuster leurs politiques macroéconomiques afin d’éviter l’apparition de déséquilibres trop importants pendant l’année à venir.

La diversification comme voie de sortie

L’évolution du prix des matières premières et des produits de base - couplée à la disponibilité de financements externes à bas coûts, comme ce fut le cas au cours de la décennie 2000 - constitue encore trop souvent l’élément déclencheur de phases d’accélération ou de décélération de la croissance en Afrique subsaharienne. Cette trop forte dépendance aux exportations de produits primaires expose les pays de la région à des retournements de cycle des prix des matières premières. Le retournement depuis la deuxième partie de l’année 2014 signe-t-il pour autant la fin de l’afro-optimisme de la décennie 2000 ?

Les économies les plus diversifiées ont conservé des taux de croissance élevés

 

L’analyse des trajectoires de croissance par pays montre qu’en dépit de cet environnement morose, certains Etats de la région ont su tirer leur épingle du jeu en 2016. Outre ceux qui ont bénéficié d’un rebond de leur activité après un choc politique majeur (comme la République centrafricaine), les pays importateurs nets de produits pétroliers ont largement profité de la baisse des cours de l’or noir. La Banque mondiale souligne également que les pays dont les économies sont les plus diversifiées ont conservé des taux de croissance élevés. Ainsi de la Côte d’Ivoire qui, avec 8,5 % de croissance, est le champion de la croissance africaine en 2016 - notamment grâce à une bonne campagne agricole. Peuvent aussi être cités le Sénégal (6,6 % de croissance en 2016, soit le taux le plus élevé connu par le pays au cours des dix dernières années), le Rwanda (6,3 %) ou encore le Kenya (6 % en 2016).

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