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À tort ou à raison, au-delà de la célèbre diatribe de Nietzche conférant à l’État l'attribut de monopole de la puissance publique du mensonge, l’État est ce symbole d’un mystérieux paradoxe qui fait de lui une réalité invisible, mais présente partout. Il est également, selon le propos de Philippe Contamine, cette réalité majestueuse, intemporelle et transcendantale, surplombant les chefs d'État et la succession empirique des régimes politiques. En tant que tel, Inspecteur Cissé, l'État ne saurait être ingrat à l'égard de ses dignes serviteurs ou de ses grands commis. Car, un grand État ayant à son sommet de vrais Hommes d’État sait et doit toujours, en toute circonstance, reconnaitre ou s’agenouiller sans distinction aucune devant tout illustre et distingué CITOYEN serviteur. Or, vous n'êtes pas sans savoir que ce besoin de reconnaissance tant espéré est assujetti à des préalables et des exigences.

Monsieur Cissé, le serviteur de l'État se confond avec le fondamental sacerdoce du service rendu qui doit être dépourvu totalement de toute logique de clientélisme et surtout du pesant impératif d'appartenance à un parti Politique. De même, à la suite de Contamine, nous croyons avec une forte conviction qu'«un serviteur de l'État est censé avoir le sens de l'État, il doit se montrer plus encore dévoué que soumis, il doit consacrer à l'État l'essentiel de ses forces, en s'y investissant à fond, sans souci de fortune sinon de carrière, au-delà bien sûr de son intérêt privé et des autres intérêts particuliers».

 De ce qui précède, il clair que ces prérequis ne sont pas forcément en promotion dans ce Sénégal où certains d'entre nous convoquent assez souvent Baruch Spinoza pour dire que «nous ne désirons pas les choses parce qu'elles sont bonnes, mais nous les déclarons bonnes parce que nous les désirons».

 À vrai dire, dites! Pour un homme de votre trempe qui représente aux yeux de plusieurs Citoyens sénégalais un modèle significatif de vie, en quoi être ami, proche ou valet d’un politicien professionnel et pauvre gueux revêtu comme Macky Sall de l'APR, en jouant auprès de lui la périlleuse besogne de conseiller, de ministre ou d'autres titres pompeux est-il plus prestigieux que continuer à servir votre Nation à la lumière des mérites acquis par le travail et l'abnégation, ce destin professionnel béni et admirable que la grâce divine vous a octroyé au vu et au su ostentatoires de vos concitoyens sénégalais? Autrement dit, l'enfant de troupe, l'avocat, l'inspecteur des douanes dit Major de sa promotion, l'inspecteur général d'État avait-il réellement besoin de faire de la Politique politicienne pour servir son pays? Comment un Chevalier dans l’ordre national du Mérite sénégalais peut-il tenir aux Sénégalais ces propos: «on ne se souvient pas souvent des grands actes que vous posez. On ne se souvient que des erreurs et des fautes»? Dites, dans cette accusation d'ingratitude, à quel «homme» remplaçant l'usage du pronom indéfini «On» vous faites réellement allusion.

C'est un secret de polichinelle, le personnage atypique qui a griffonné sa signature connue si légère sur les différents «décrets présidentiels» vous nommant, Macky Sall de l'APR est un politicien taciturne qui vit avec la méchante manie de vendre à la fois des promesses sans les tenir et des espoirs en les brisant. Pire, avec lui, le caractère sacré de l'État sénégalais est violé et bafoué en permanence. Le dévouement exclusif et non conditionnel qui devrait être consacré à notre État par ses serviteurs désignés et de carrière est également mis en péril depuis plusieurs années. À cet effet, la signification des arguments justifiant ces forfaitures qui foisonnent, légitiment ces coups mortels réplétifs fomentés par ceux et celles qui ont pourtant l'ambition de servir est de plus en plus caricaturale et consternante. L'administration sénégalaise saigne dangereusement tous les jours. De hauts fonctionnaires, des magistrats, de tous bords tous côtés, manquent gravement aux obligations et devoirs de leur charge, désertent leurs postes, s'engagent en Politique à la recherche effrénée de miettes de prébendes et de prestiges instantanés en pensant que la noblesse de servir l'État ne leur donnerait jamais. Ici, ils ne font plus la distinction entre le pouvoir conçu comme une jouissance et celui conçu comme un service. Là, ils mettent volontairement en berne leur jugement moral en s’exposant sans arrêt à des situations compromettantes et à des accusations affligeantes. L’estrade de l’honneur ne les intéresse guère. Incertains ou relatifs que puissent paraître leurs attitudes, leurs gestes et leurs bavures, les principes de jugement, les règles de conduite relatives au bien et au mal, les valeurs et les devoirs sont ainsi rayés de leurs Codes d’honneur et de respectabilité. Les prétendus serviteurs de l'État déguisés en politiciens professionnels se retrouvent dans les profondeurs insondables de la démagogie Politique, de la dictature de l’apparence et à la merci des déclarations putrescibles, des promesses fallacieuses formulées sans aucune retenue par Macky Sall, un attesté boulimique de pouvoir sans vergogne.

Avec regret, nous vous rappelons que vous êtes aujourd’hui tristement pris dans les mailles de ce filet en acceptant d’être un adepte dévoué de cette bande organisée de malfaiteurs et des roublards de la République qui prend en otage notre Sénégal. Vous en êtes comptable à tout point de vue! La preuve, vos nombreux admirateurs et supporters vous ont concédé à chaque occasion et tout au long de votre compagnonnage des surnoms du genre : «soldat» ou «homme d’ombre» de Macky Sall de l'APR. Par conséquent, la complainte d’ingratitude adressée à l’État ne devrait-elle pas être logiquement destinée principalement à votre pronom indéfini «On»? Dire autrement, si vous pensez avoir rempli avec brio les responsabilités publiques et politiques qui vous ont été confiées, n’est-ce pas au méchant politicien Macky Sall qui a pu, de toute évidence, tirer du crédit Politique de tes services et engagements plutôt qu'à l'État sénégalais qui se demande encore où était et est son compétent Inspecteur général Mouhamadou Makhtar Cissé.

Monsieur Cissé, il faut se l'avouer! Si l’État sénégalais se dresse souvent avec un visage de laideur, ce n’est dans une large mesure, parce que ses serviteurs dépositaires de sa confiance comme dépôt sont pour la plupart sans grandeur, ni élégance ni générosité. Ainsi, la posture de rupture ou de refondation tant chantée et qui devrait être le rôle du Pouvoir peine à s'instaurer parce que des serviteurs de notre État national ignorent par exemple ce mandement formulé par l’auteur du Traité de science Politique, George Burdeau pour qui, le rôle du Pouvoir ne peut être l’instrument de ceux qui contestent la société établie ni le serviteur de ceux qui y trouvent leur profit. Il est de dégager, de cette société elle-même, les puissances qu’elle recèle pour promouvoir son propre changement.

Finalement, permettez, Inspecteur Cissé de vous inviter à un périple épique longeant les douces eaux du fleuve du Sénégal qui irriguent les terres fertiles de notre Waalo natal en prêtant doucement l'oreille à cette mémorable interpellation de Césaire : «C'est quoi une vie d'homme ? C'est le combat de l'ombre et de la lumière... C'est une lutte entre l'espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur...» Heureusement et tant mieux pour vous, la loi n° 2011-14 du 8 juillet 2011 encore enfilée vous permettra de continuer à bien soigner votre mise et à vous convaincre définitivement que l’État sénégalais ne saurait être ingrat à votre égard…

Pathé Guèye

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