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Le régime de Macky SALL est sous pression. Et ce ne sont pas les opposants qui sont massivement descendus dans la rue vendredi dernier qui l’ont accentuée. La pénurie d’eau qui persiste à Dakar est la goutte d’eau en passe de faire déborder le vase. Ce n’est pas par hasard si lors de la marche des opposants, les pancartes ont plus parlé du manque d’eau qui prévaut dans la capitale. Les Sénégalais mécontents de cette situation et qui n’hésitent pas à la décrier publiquement deviennent de plus ne plus. Face à ce feu qui couve, le gouvernement, qui mobilise des citernes qui peinent à ravitailler correctement les populations, a envoyé le directeur général de la SONES au casse-pipe. Ainsi, comme le ferait n’importe quel fusible, Charles FALL annonce la fin de la pénurie au plus tard le 20 juillet prochain. Si cette échéance n’est pas respectée, malgré la gravité de la situation, c’est juste un directeur qui est mis en cause. Et, tout porte à croire que cet engagement ne sera pas respecté.

En effet, ce n’est pas la première pénurie d’eau de cette ampleur que connait Dakar. En 2014, le liquide précieux a disparu durant de nombreuses semaines. Il était alors question d’une fuite à l’usine de Keur Momar SARR. Sa réparation avait nécessité plusieurs jours qui prolongèrent le calvaire des populations. Pourtant, ces dernières avaient été rassurées et assurées que ce serait la dernière pénurie. Tout était rentré dans l’ordre, indiquait-on. Mais comme le saupoudrage ne donne jamais à long terme les effets escomptés, les problèmes ont refait surface. L’Usine de Keur Momar SARR ne pouvant plus servir de prétexte, le ministre de l’Hydraulique s’est défaussé sur la SENELEC. «Chaque fois qu’il y a perturbation au niveau du réseau électrique, cela se fait ressentir au niveau de Dakar puisque les distributeurs sont déconnectés et on reste plusieurs heures pour procéder au remplissage des bassins pour pouvoir alimenter Dakar en eau», déclarait Mansour FAYE devant les députés. Et quand les coupures de courant se sont sensiblement amenuisées, le ministre est allé chercher autre chose de bien plus coriace pour justifier la pénurie d’eau persistante. «Cela est dû à un défaut d’alimentation au niveau du barrage de Manantali. Ce qui a un impact sur le Sénégal, la Mauritanie et le Mali», assurait-il.

 

Autant d’élucubrations qui tendent à renseigner que le régime de Macky SALL est incapable de régler ce problème primaire. Pourtant, ce serait une erreur de le croire. Dans cette affaire, il y a deux pénuries. Celle de l’eau et celle de la vérité. En effet, les véritables raisons de la pénurie récurrente d’eau dans la capitale sont loin d’être expliquées. Comme dans bien d’autres secteurs, notamment celui de l’électricité, c’est la tempête qui prépare le calme. Avant que les Français, Eiffage notamment, n’accourent au Sénégal pour investir massivement dans le secteur de l’électricité, les Sénégalais ont presque mis le pays en sac. Frustrés de devoir s’éclairer à la bougie, ils avaient multiplié les manifestations. Quelque temps après, les centrales photovoltaïques ont poussé comme des champignons, faisant de la SENELEC une succursale chargée plus de la distribution et du recouvrement que de la production d’énergie. Comme le secteur de l’énergie, celui de l’eau intéresse particulièrement les Français qui sont déjà présents à travers la Sénégalaise des eaux (SDE) qui n’est sénégalais que de nom. Cette dernière est mise à rude épreuve par Suez et Veolia, deux entreprises françaises qui veulent s’enfoncer dans les eaux sénégalaises. Dernièrement, le ministre a dû monter au créneau pour démentir l’information qui redonnait le marché à la SDE. «Contrairement aux informations parues dans le presse et faisant état d’une attribution définitive du nouveau contrat d’affermage pour la gestion de l’hydraulique urbaine au profit de la SDE, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement tient à souligner qu’à l’état actuel du processus, aucune attribution n’a été faite au profit d’une entreprise ou d’une autre», avait indiqué le ministère de l’Hydraulique dans un communiqué.

La rentabilité de ce secteur qui ne peut manquer de clients est ce qui fait courir ces géants français qui ont importé leur combat de coq au Sénégal. Seulement, en attendant de voir comment leur partager ce grand gâteau, Macky SALL risque d’être emporté par cette vague de mécontentement qui ne manque pas de source.

 

source:https://www.walf-groupe.com/lemergence-se-noie-penurie-deau/

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