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Ils, ces migrants hommes et femmes, ont quitté le Sénégal en quête d'un ailleurs plus clément, en vue d'une vie plus remplie pour eux et leurs proches. Puis en un instant, parfois au bout d'un long processus voire d'un plan froidement éxécuté, tout a basculé dans...l'horreur.

Faut-il y voir dans ces bribes d'histoires, un mal-être profond révélé au terme d'un face-face sans fard avec eux-mêmes, dans le froid matérialisme de ces sociétés occidentales où l'individu est un et tout à la fois ? Ou la rupture d'un équilibre malmené par les contradictions intimes qui se sont faites jour dans leur pays d'origine et transportées tel un maléfique coffret dans leur pays d'accueil qu'ils ont ouvert, expulsant rancoeur, vengeance, rituels maléfiques et folie ... A moins que ce ne soit tout simplement des hommes et des femmes dont on dira faute de pouvoir comprendre les motivations, à défaut de les admettre, " c'était écrit" !

 

Cheikh Ahmadou Bamba Mbaye, Thioro Mbow, Philomène Diohine Sène, Fabienne Kabou et Dèguène Fall, des noms devenus tristement célèbres. Des noms qui renvoient à la mort. Des noms qui désignent des Sénégalais qui ont ôté la vie à des proches, leurs enfants voire leurs époux ou compagnons… Retour sur les faits. 


Le crime prémédité 

Bigué Ndao, 33 ans, a été assassinée lundi 7 avril, en début d'après-midi par son ex-époux, Khadim Mbaye. Bigué Ndao et Bamba Khadim Mbaye sont cousins. Selon des informations de membres de sa famille, la jeune femme, mère de deux filles, n'a pas été tuée dans une place publique mais à son domicile, où, Bamba Khadim Ndiaye l'a trouvée. Les problèmes commencent quand Bamba Khadim Ndiaye prend une deuxième femme. Le couple bat de l’aile. 

"En vacances au Sénégal, Bamba Mbaye confisque son passeport et ceux des enfants", explique ce proche. Très tenace, la femme parvient à avoir des papiers pour elle et ses filles avant de retourner au Canada avec sa petite famille. 
Elle s’était séparer de Bamba depuis trois ans et ne vivait pas dans la même ville que son ex-mari. 

"Pendant 3 ans Bamba Mbaye cherchait à connaître l'adresse de son ex-femme et de ses enfants. Quand il a eu les informations, il s'est rendu à Edmonton, chez Bigué. Il était 11 heures. Les enfants étaient à l'école. Quand Bigué a ouvert la porte, il s'est jeté sur elle. Et ils se sont battus. Il a sorti un couteau et lui a asséné plusieurs coups de couteaux. Un voisin a entendu la dispute. Et a appelé la police. En arrivant, la police est tombée sur le corps de Bigué gisant au sol dans une mare de sang. Bamba Mbaye, le couteau à la main, le bras ensanglanté", renseigne toujours ce proche. 

Bamba Mbaye a été arrêté et placé en détention. L'autopsie du corps de Bigué Ndao, effectué mercredi, a confirmé la mort par coups et blessures. 

Le crime passionnel 

Parlons d’abord de cette Dèguène Fall, 29 ans qui a tué son ex-mari Adama dit Dame Ndiaye, 40 ans, à Nouakchott. Après 7 mois de mariage, la victime et époux avait décidé de rompre les liens qui les unissaient, contre la volonté de la femme. 
4 mois après cette décision, Dèguène continuait de fréquenter Dame qui la repoussait.  

La veille des faits (nuit du 25 au vendredi 26 janvier 2018), la dame s’est rendue chez son ex- mari pour lui présenter une ordonnance qu’il devait acheter, parce que selon elle, elle avait contracté une grossesse de 4 mois l’œuvre de son ex. Dame niant être le géniteur de cette grossesse, a refusé d’acheter les médicaments. 

Ainsi, le jour de faits (27 janvier 2018), au petit matin, Dèguène est revenue à la charge, avec un couteau en sa possession. A la suite d’une dispute avec son ex-mari, elle sort l’arme et assène un coup atteignant au cœur. Dame s’est effondré en empruntant les escaliers pour aller demander secours. Mais il a rendu l’âme. Son corps a été déposé à l’hôpital national de Nouakchott. La meurtrière a été arrêtée et gardée à vue au commissariat central de Nouakchott. 

 

Crime passionnel, crime maléfique : qui sont ces Sénégalais qui tuent hors de chez eux… ?
Le meurtre maléfique 

Vendredi 8 septembre 2017, à l'ouverture de son procès en appel, Fabienne Kabou a plaidé non-coupable, assurant avoir été "guidée par une énergie qu'elle sentait malveillante". "Quelque chose, ou quelqu'un, a agi en moi pour assassiner ma fille. Un peu comme si quelqu'un avait commandité sa mort, par mes mains, et en faisant d'une pierre deux coups, puisqu'il a aussi ruiné ma vie", a-t-elle expliqué. 

Revenant sur les faits, elle déclare sans pouvoir justifier les raisons de son voyage, que le 19 novembre 2013, elle s’est rendue en train à Berck (Pas-de-Calais), accompagnée de sa fille de 15 mois, avec un but précis. 

Ce 19 novembre 2013 déclare la dame, "on m'ordonne d'aller à Berck, aussi étrange, drôle et cocasse que cela puisse paraître". 
Elle s’est rendue à Berck et y a commis l’irréparable. 

’Je prends une longue douche avec ma fille, Ada est fatiguée, elle dort un peu, et puis, à 21h, je descends avec elle et la suite vous la savez", raconte-t-elle, le ton monotone. 
Mme Kabou enlève ‘’Adé’’ de la poussette et la dépose sur la plage, après l'avoir allaitée une dernière fois et lui avoir ‘’demandé pardon’’, dira-t-elle à son procès. Le lendemain, un promeneur retrouve la petite fille noyée. 

Fabienne Kabou a été condamnée à 20 ans de réclusion de criminelle en première instance en juin 2016. Mais elle a fait appel. 


 

 

Crime passionnel, crime maléfique : qui sont ces Sénégalais qui tuent hors de chez eux… ?
La démence, mobile des faits 

Vous vous rappelez de Philomène Diohine Sène, cette jeune musicienne sénégalaise établie en France et qui avait été arrêtée il y a de cela cinq ans, après avoir égorgé ses trois enfants. 

Les faits s’étaient produits le 22 février 2013 au domicile familial de Dampmart (Seine-et-Marne, France) : ce matin-là, les trois enfants, Laurent (10 ans), Gnilane (14 ans) et Valentin (16 ans), avaient été retrouvés par leur père, un médecin, dans un bain de sang, le crâne fracassé. Deux d’entre eux avaient été aussi égorgés. 

Interpellée à Paris, le lendemain, la chanteuse âgée de près de 41 ans avait été internée d’office, incapable de tenir des propos cohérents, puis mise en examen pour meurtre un mois plus tard. Mais après trois ans de procédure, elle pourrait échapper à la Cour d’assises : dans un arrêt de 20 mai 2016, la Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris a reconnu qu’un « trouble psychique ou neuropsychique » a « aboli son discernement ou le contrôle de ses actes » au moment des faits, et conclu à son irresponsabilité pénale. 

 

Crime passionnel, crime maléfique : qui sont ces Sénégalais qui tuent hors de chez eux… ?
Le crime au bout de la vengeance 

L’affaire Thioro Mbow a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Thioro, n’est personne d’autre que cette Sénégalaise âgée de 35 ans qui a froidement assassiné trois de ses enfants, le 11 février 2015. Le site belge HLN rapporte qu’elle a commis cet acte dans le seul but de se venger de son concubin qui, suite à une dispute, menaçait de lui retirer la maison et la garde des enfants. Dans un excès de rage, Thioro Mbow a enfermé dans un bureau aménagé dans la cour arrière de leur jardin, son petit garçon Madyson (6 ans), ses deux filles, Abbygail (4 ans) et Oumy (2 ans) où elle a mis le feu. 

Malgré les cris désespérés des enfants, elle n’a eu aucune pitié et les a brûlés vifs. Elle a ensuite appelé au téléphone son concubin, pour l’informer de son ignominie. Hellmut Ulin qui travaille dans la construction, explique alors que sa femme lui a dit au téléphone : « Je les ai enfermés dans le bureau et j’ai mis le feu partout. Ils ont crié mais je n’ai rien fait. Je n’ai pas appelé le service incendie et ils vont mourir ». Pris de panique, il rapporte qu’il a immédiatement appelé sa sœur qui vit à proximité de la maison. Une fois sur les lieux, celle-ci lui a demandé où étaient les enfants et Thioro Mbow a simplement répondu : « Dix minutes de cris, puis c’était fini ». 

Les pompiers dépêchés sur les lieux ont trouvé les trois enfants asphyxiés. A son arrivée à son domicile, accompagné de quelques-uns de ses collègues Helmut Ulin était complètement anéanti. Et s’est souvenu de ses derniers moments avec son plus jeune enfant. « Juste avant mon départ pour le travail, j’étais avec le plus jeune, qui était couché dans le grand lit avec sa mère. Il était éveillé. Je lui ai donné un baiser et je suis parti », s’est-il remémoré. 

La tragédie s’est produite mercredi matin vers les coups de 11 heures dans le Zwartbroekstraat à Lennik où le couple, non marié vivait avec leurs quatre enfants. 

Elle a été condamnée à 28 ans de prison par le tribunal correctionnel de Bruxelles, en Belgique, le 9 février 2018. 

Fanta Diallo Ba – leral.net

 

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