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 Munis de permis d’occuper acquis frauduleusement auprès d’autorités administratives, des promoteurs immobiliers ont pris plusieurs hectares à la zone humide des Niayes de Pikine plus connue sous l’appellation de technopôle. Des maraichers dépossédés de leurs espaces cultivables, des points d’eau obstrués à des fins d’habitation ou d’exploitation industrielle, voilà la situation qui y prévaut présentement. Mame Thierno Dieng, ministre de l’Environnement et du Développement durable, en a fait le constat hier, mardi 20 février, à l’occasion de la visite sur les lieux. La démarche lente, le regard hagard, la dame Rose Gomis, âgée de plus d’une soixantaine d’années, ne s’est pas résignée à abandonner son champ. Installée à la grande Niayes de Dakar depuis plus d’une vingtaine d’années, elle s’est vue arrachée son lieu de travail par un promoteur immobilier qui dit avoir reçu l’ordre d’occuper le site.

Depuis lors, raconte-telle, sa vie se résume à d’incessants va-et-vient entre la préfecture et la mairie de Pikine.  Des déplacements inutiles car, aucune solution n’a été trouvée à son problème.
 
Hier, mardi 20 février, lors de la visite du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mame Thierno Dieng, elle était parmi le groupe de maraichers qui voyaient cette venue de l’autorité de tutelle comme l’unique solution à leur problème. En effet, la zone humide des Niayes de Pikine, communément appelé technopôle fait face à une grande spoliation foncière. Des gravas pour obstruer les points d’eau, des zincs pour délimiter des surfaces acquis frauduleusement, voilà le décor qui s’offre à l’œil du visiteur des lieux. Plusieurs hectares ont été pris aux maraichers et cela en faisant fi de la menace que l’occupation de cette zone humide pourra avoir sur l’écosystème de la capitale.
 
A l’image de Rose Gomis, les victimes de ces spoliateurs fonciers sont nombreuses. L’horticulteur et chef d’entreprise, Awa Diagne a elle aussi été dépossédée de son lieu de travail. «Je n’ai plus là ou mettre mes pépinières. Je plantais des palmiers et des cocotiers. Mais, depuis près d’un an, je n’ai pas de lieu où mettre les plants. Actuellement, tous mes plants sont endommagés. Le promoteur nous a présenté des documents disant qu’il dispose légalement du site en question», regrette-t-elle. Occupant le terrain depuis 1989, Awa Diagne dit avoir perdu prés de 17 millions après son expulsion.
 
Madiaw Ndiaye, un maraicher installé au technopôle déplore aussi cette «usurpation» de ces terres des Niayes par des promoteurs immobiliers. Selon lui, l’Etat du Sénégal avait pris des engagements pour protéger le reste du site. Donc, il est inconcevable, dit-il, que de tierces personnes viennent accaparer ces terres. 
 
Les jeunes des quartiers riverains du technopôle ont aussi vu leur terrain de football actuellement repris par un promoteur immobilier. Abdourahmane Thiombane, le vice-président à l’Asc Sotiba ne pouvait que constater les dégâts. «Depuis quelques jours, des engins sont passés et ont dévasté les champs. Et, depuis hier, ils ont commencé à faire la clôture. Nous ne sommes pas d’accord parce qu’on nous a toujours dit que cet espace est une réserve d’eau. Et elle ne peut être utilisée pour l’habitation.  Mon Asc occupe le terrain de football depuis 2005. Et aujourd’hui, si toutefois le terrain est pris, nous n’auront pas où aller», dénonce-t-il. 
 
…MAME THIERNO DIENG FUSTIGE LA FAILLE DE L’ADMINISTRATION
 
Le ministre de l’environnement et du développement durable, Mame Thierno Dieng, pointe du doigt, dans cette affaire, les manquements notés dans l’administration. Une carence qui est à l’origine de la délivrance des permis d’occuper illégaux. «Les disfonctionnement existent partout. Et les titres, c’est peut-être à un moment donné, l’administration qui n’a pas été ce qu’elle devait être pour délivrer des titres dans une zone où l’on ne devrait pas avoir des titres à usage d’habitation. C’est un fait qu’il faut reconnaitre», estime-t-il.  Mame Thierno Dieng souligne, par ailleurs, que ceux qui occupent illégalement ces zones n’ont aucune connaissance de leur importance dans l’écosystème dakarois. 
 
Mieux, ajoute-t-il, même si ces promoteurs disposent de permis d’occuper, ils n’ont aucunement le droit d’occuper les lieux qui, conformément à la loi, sont des zones inhabitables. «Avoir un titre sur une zone non aedificandie dont le rôle initialement défini et antérieurement au titre ne me semble peu opposable à une logique qui veut préserver l’intérêt de la collectivité». Suffisant pour que, d’un ton ferme, il rappelle que la responsabilité de son département est ainsi donc, de faire en sorte que la réglementation en vigueur dans le domaine de l’environnement soit respectée et appliquée par tout le monde. 
 
MARYLINE DIARRA, DIRECTRICE DE L’ENVIRONNEMENT ET DES ETABLISSEMENTS CLASSES : «On confond souvent ce qu’on appelle technopôle et la zone humide»

«On confond souvent ce qu’on appelle technopôle et la zone humide. Le technopôle se trouve dans la grande Niayes de Dakar qui est une zone humide. Mais, il y a une partie qui a été réservée pour en faire une zone économique. C’est ce qu’on appelle le technopôle», a-t-elle dit. Par conséquent, cette zone humide ne doit pas disparaitre à cause de son rôle de régulateur de l’écosystème à Dakar. «Cette zone humide a un rôle fondamental pour la ville de Dakar. Les zones humides abritent une biodiversité extraordinaire, avec 200 espèces d’oiseaux, des reptiles, des mammifères et des végétaux qui rejettent de l’oxygène qui contribue à purifier notre air. Ne serait-ce que l’eau et l’oxygène qui y sont produites, le technopôle est nécessaire à la ville de Dakar». Alassane Bâ, ancien chercheur à l’Institut sénégalais des recherches agricoles (Isra), note, quant à lui, que la zone en question appelée Niayes de Pikine a été créée par la loi 82-397 du 23 juin 1982.  C’est en 1996 qu’elle a reçu le technopôle de Dakar qui, créé par la loi n°96-36 du 31 décembre 1996, est une zone économique aménagée dont la vocation est d’accueillir des Centres de recherche et d’enseignement ainsi que des entreprises développant l’innovation technologique dans le but de promouvoir entre eux la synergie nécessaire à la création de richesses et d’emplois.      

 

SOURCE:http://www.sudonline.sn/des-promoteurs-immobiliers-s-offrent-le-technopole-de-pikine_a_38437.html

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