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On en sait un peu plus sur la mort étrange de Bourama Toumboulou Sané, convoqué à la gendarmerie dans le cadre de l’enquête sur Boffa. Le secrétaire général inter-villageois pour la préservation de la forêt de Boffa qui devait déférer à une seconde convocation a été victime d’un malaise avant de mourir subitement.

 Une dix-septième (17e) personne vient allonger la liste des suspects arrêtés par la Gendarmerie dans le cadre de l’enquête sur la tuerie de Boffa-Bayotte, perpétrée le samedi 6 janvier 2018 et ayant fait 14 morts et 7 blessés. Il s’agit d’Omar Ampoy Bodian qui se réclame chargé de mission du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) qui a été arrêté, samedi dernier, tôt le matin (vers 6 heures), chez lui par les éléments de la Gendarmerie qui ont quadrillé son domicile sis au quartier Lyndiane, avant de tenir en respect les membres de sa famille.

L’Etat du Sénégal multiplie les initiatives qui illustrent sa fermeté de venir à bout des auteurs de l’ignoble massacre de populations civiles- 22 victimes- perpétré le 06 janvier dernier dans le sud du pays, précisément à Boffa- Bayottes, dans l’arrondissement de Niaguiss, département de Ziguinchor.

Aujourd’hui, pour coordonner les opérations, la gendarmerie a envoyé sur le terrain un de ses généraux de brigade aussi craint que redouté, Moussa Fall.

 Les responsables de l’Église catholique ne sont pas les seuls à s’inquiéter de la situation qui prévaut actuellement en Casamance, à la suite de la tuerie survenue dans la forêt de Boffa-Bayotte, le samedi 6 janvier dernier. Interpellés hier, lundi 15 janvier, sur les risques de voir les cinq (05) ans d’accalmie remis en cause par la traque des auteurs de cette tuerie lancée par l’armée sénégalaise et la menace d’une reprise des hostilités armées annoncée par «Atika», l’aile combattante du Mfdc dirigée par César Atoute Badiate, les acteurs de la société civile au niveau local sont unanimes pour appeler l’Etat et le Mfdc à la retenue et à la sauvegarde du processus de paix en cours. MME ALIMATOU SOUARÉ, PRÉSIDENTE DE L’ONG KAGAMEN : «On doit tout faire pour éviter que cette situation ne nous ramène à la case de départ»

Visiblement, les choses sont loin de s'arrêter à Ziguinchor après le placement sous mandat de² dépôt de 16 personnes dans le cadre de la tuerie de Bofa Bayotte.

Aux dernières nouvelles, Omar Ampoï Bodian aurait été arrêté pour les besoins de l'enquête. Il est actuellement en garde à vue à la gendarmerie de Ziguinchor. Ce dernier qui fut un conseiller municipal de la commune de Ziguinchor, se déclare chargé de mission du mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).  
Ce supposé proche collaborateur du chef de guerre d'Attika Cesar Atoute Badiate avait été très bavard lors de la tuerie de Bofa Bayotte. 

Dans une communiqué parvenu à Pressafrik le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH) se dit indigner par l’attaque meurtrière perpétrée contre des exploitants forestiers dans la région de Ziguinchor en Casamance.
Pour la Directrice des Programmes et Plaidoyer du Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH) : « Rien ne saurait justifier un acte aussi abject et ignoble perpétré sur des civils non armés. Il est temps d’arrêter les homicides délibérés contre des civils en Casamance. Nous condamnons avec vigueur cette barbarie et demandons aux autorités sénégalaises de tout mettre en œuvre pour retrouver les auteurs et les traduire en justice ».

Sénégal: opération ratissage en Casamance après la tuerie de Boffa Bayotte

La gendarmerie sénégalaise a arrêté 22 personnes dans l'enquête sur le massacre de 14 coupeurs de bois en Casamance, région forestière du sud du Sénégal, la semaine dernière, selon un communiqué publié dimanche. Il s'agit des premières arrestations annoncées depuis cette tuerie, le 6 janvier dans la forêt protégée de Boffa-Bayotte, proche de Ziguinchor, principale ville de cette région agricole et touristique bordée au nord par la Gambie et au sud par la Guinée-Bissau.

 Les choses deviennent de plus en plus claires dans le carnage de Boffa avec l’enquête qui commence à donner des résultats, en Casamance. Toutes les pistes mènent vers la forêt. Un refuge pour certain et une ressource à exploiter pour les businessmen. Avec les coupeurs de bois tués, derniers maillons d’une longue chaîne, la lutte pour l’accaparement des ressources forestières n’est visiblement qu’à ces débuts, selon certains observateurs qui s’expliquent difficilement «l’incapacité» de l’Etat à protéger une forêt qui se réduit chaque jour de plus en plus. L’exploitation forestière risque de faire plusieurs autres victimes en Casamance. Car, malgré les nombreuses mesures prises, c’est comme si l’Etat a démissionné dans la protection des ressources.

 «Nous ne pouvons que déplorer ces morts parce que Dieu a dit : il ne faut pas ôter la vie  d’un autre» Ces propos du curé de la cathédrale Saint Antoine de Padoue à Ziguinchor, Abbé Damas Coly, sont révélateurs du regret de l’église catholique de Ziguinchor suite aux malheureux événements survenus le 06 janvier dans la forêt de Boffa bayotte dans l’arrondissement de Nyassia. Le clergé qui condamne cette horreur, est catégorique

 Et si la piste de règlement de compte était privilégiée dans le massacre de la forêt classée de Bayotte? La question reste agitée après l’interpellation, hier dimanche, de 20 personnes dans le village de Toubacouta (non loin de la zone du drame). 20  jeunes, tous membres du Comité villageois pour la surveillance et la protection de la forêt, parmi lesquels une femme et  4 jeunes récemment libérés de prison après une condamnation d’un mois ferme. Ils ont été cueillis tôt le matin par les hommes en bleus qui ont effectué une descente musclée dans ce village de Toubacouta. Ainsi, l’étau se resserre sur ce village situé à 9 km de Ziguinchor. Une semaine après ce qu’il est convenu d’appeler le carnage de Boffa-Bayotte, les choses s’accélèrent.