Par Anthony Nugan le samedi 28 juin 2014
Catégorie: MONDIAL 2014

Mondial 2014 - À LA LOUPE - Par Mame Aly Konté : La mafia des primes

L’argent est-il entrain de tuer le sport ? Le football en souffre terriblement au moment où jamais, discipline n’a mobilisé autant d’intelligence dans son organisation. Entre des dirigeants de la Fifa qui se disent «  c’est grâce à nous, que tout çà est arrivé » et qui doublent ou triplent leur prime et des joueurs ghanéens qui se battent pour recevoir des primes qu’ils auraient dû retourner au pays pour améliorer les aires de jeu, entretenir des centres de formation, la poire est difficile à partager. 

La prime de la médiocrité, de la délinquance. Chaque mot pèse. Si vous y ajoutez un autre comme la mafia à ce mélange, vous risquez de ne plus regarder un match pour longtemps. Ce n’est pas le but du jeu dans cette chronique heureusement. Parlons de foot et d’affaires. Ce jeu qui consiste à courir derrière un ballon pendant 90 mn peut des fois alterner le beau, le moins beau et le spectaculaire. Et, des fois encore le burlesque, l’absurde et simplement le sauvage. Alors, des sauvages qui jouent au football, les exemples ne manquent pas à l’image du joueur uruguayen, le plus connu de son équipe avec Cavanni, Caceres, Lugano, qui s’offre au monde en mordant ( le mot est au propre ) comme un tigre affamé, l’épaule d’un adversaire. Luis Suarez. 
 
Je reviendrai sur cet énergumène, que certains qualifient encore à tort de « bad boy » un peu plus bas. Même s’il a été exclu pour quatre mois et neuf matches, le pseudo est au dessous de ce qu’il est réellement. Mais, restons sur la discipline de groupe pour être mieux compris. Entre des ghanéens qui se battent dans le vestiaire, avec deux joueurs exclus du groupe : Souley Muntari, Kevin Boateng en tête et tout le groupe qui boycotte l’entrainement avant un match capital ou sans intérêt devant le Portugal parce que suspendu au résultat du match Etats Unis-Allemagne tous deux sans défaite, l’on se demande si l’Afrique ne devrait pas revenir simplement à deux équipes au mondial en attendant de mieux se restructurer au niveau national. 
 
Comme le dit l’adage, « qui n’avance pas recule » et le continent a offert  un spectacle bien désolant là où il était allé au Brésil pour montrer à nos cousins outre-Atlantique issus de l’esclavage et qui ont presque tout oublié de leur continent d’origine, une belle image de celui-ci. Ils vont continuer à nous prendre pour d’autres « sauvages », parce que noirs au Brésil, en dehors de Pelé, ou Gil berto Gil, cela veut dire pauvreté, favelas, drogue et délinquance. Le geste du latéral camerounais au début du match contre le Brésil sur Neymar n’aura fait qu’aggraver le regard de ce peuple qui ne nous voit pas toujours du bon coté…
 
Histoire de primes. Ghana-Cameroun, un reporter a qualifié de finale des équipes les plus ridicules de cette compétition. Il n’a pas tort. Jugement peut-être trop sévère, mais jugé juste par certains bords. Alors, à coté de cela, que dire du «  je m’en f…» des dirigeants de la Fifa. Institution hors norme, sans contrôle, sans vergogne de vieilles personnes qui ont compris très tôt qu’en s’installant sur le toit du monde du football, ils pouvaient tous couler une retraite dorée ; et à vie. Quand Issa Hayatou est pointé du doigt, l’on se demande ce qu’on devrait faire de Sepp Blatter. Ces deux hommes pour l’histoire d’ailleurs, n’ont jamais été joueurs de football. L’un a été athlète, l’autre tennisman. Tous trainent cette histoire de Coupe du monde au Qatar.
 
Alors revenons au personnage : Luis Suarez. Ne parlons pas de talent chez ce garçon ; mais simplement d’un névrosé qui joue au fou dans un monde que l’on veut plus civilisé si le concept veut dire quelque chose. Avec lui, le terme sauvage d’ailleurs est trop doux. Il doit être moins évolué que les singes de Kellogg. Les philosophes savent de quoi on parle à propos… Fauve, voila qui, peut-être, lui irait mieux comme un gant tant, il bouscule sur un terrain tout l’ordre établi  jusqu’à mordre un joueur Italien qui n’a eu le tort que de bloquer ses velléités de joueur zélé.
 
 Imaginons, un moment qu’un joueur africain (Camerounais,  ghanéen, ou ivoirien…) morde dans l’oreille de Neymar… Alors là… Vous n’avez pas besoin de jouer au poker. L’hystérie collective. Tout de suite, on irait l’accuser d’anthropophagie. Sa famille, ses origines, sa descendance… Et, quelqu’un ira lui trouver sur la toile, un passé ancestral de mangeur d’hommes depuis le premier ancêtre jusqu’à la descendance proche. Un an pour Suarez c’est peu. Il fallait simplement le radier à vie du milieu professionnel et amateur. 
Une belle note quand même finir par le football. Saluons le match courageux d’une équipe ghanéenne diminuée face au Portugal battue seulement 2 buts à 1. Et la qualification de l’Algérie pour le second tour au courage et grâce à un coaching intelligent de Coach Vahid. 
 
Vivement les 8 ème de finale…

source :http://www.sudonline.sn/la-mafia-des-primes_a_19668.html

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