Par Anthony Nugan le mardi 22 octobre 2013
Catégorie: Web NEWS

FASTEF - Non-affectation des nouveaux professeurs : Serigne Mbaye Thiam dans le viseur des enseignants

En marge d’un sit-in tenu hier au ministère de l’Education, des professeurs formés à la Fastef ont réclamé leur affectation dans les écoles publiques du Sénégal. Ce mouvement d’humeur a été transformé en une tribune pour dénoncer les «méthodes» du ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, accusé  de procéder à un recrutement politique.

C’est l’ouverture des… clashes. Il serait même saugrenu de soutenir que le torchon brûle entre les nouveaux professeurs de la promotion 2013 de Faculté des sciences et techniques de l’éducation et de la formation (Fastef) et le ministère de l’Education nationale.  Ils sont 1815 professeurs sortants de l’année 2013, 1000 à attendre devant les portes de la Fonction publique et dénoncent la politique de recrutement de Serigne Mbaye Thiam. Hier, ces professeurs en compagnie des syndicats ont organisé un sit-in devant les locaux du ministère de l’Education pour tirer la sonnette d’alarme et alerter l’opinion sur ce qu’ils appellent une «forfaiture». «Le sit-in d’aujourd’hui (hier) vise à combattre une injustice, une forfaiture, menées par le gouvernement de Macky Sall à travers le ministre de l’Education nationale. Cette forfaiture consiste à ne pas affecter des enseignants formés dans des écoles de formation qui ont été recrutés il y a 6 ans pour le Cneps, il y a 2 ans pour la Fastef et les autres écoles de formation», tonne Mamadou Lamine Dianté, secrétaire général du Saems-Cusems (Syndicat autonome des enseignants du moyen et du secondaire et du Cadre unitaire de l’enseignement moyen et secondaire). Il était flanqué de Amath Suzanne Camara et Abdou Faty du Sels/ Authentique. 
Sous le chaud soleil, les syndicalistes et les professeurs regroupés jettent leur trop-plein d’amertume dans la rue sous l’œil vigilant des Forces de l’ordre prêtes à intervenir en cas de dérapage. Armées jusqu’aux dents, elles guettaient le moindre débordement pour donner l’assaut de la réprimande. Loin de se faire intimider, les plaignants du jour continuent de crier leur désarroi pour dénoncer cette politique de recrutement. Très en verve, visage dégoulinant de sueur, M. Dianté dénonce le comportement de Serigne Mbaye Thiam. «Sur les 1800 professeurs sortant de la Fastef, seuls 800 demeurent affectés laissant sur le carreau plus de 1000 enseignants», évalue-t-il. Dans la même veine, il informe que «les 57 professeurs que le gouvernement a demandé au Cneps de Thiès n’ont jamais été affectés sans oublier les 62 enseignants de l’Inseps dont 29 seulement ont eu leur affectation».

«Serigne Mbaye Thiam n’a aucune prérogative pour recruter des enseignants»
Dans cette atmosphère tendue, les accusations tournent bien sûr autour de Serigne Mbaye Thiam «coupable» d’avoir procédé à un recrutement purement «politique». «Il a recruté 100 vacataires au mois de mai alors qu’il n’a aucune prérogative pour cela», regrette le syndicaliste. A l’en croire, le ministre de l’Education satisfait «une clientèle politique en recrutant 100 vacataires  qui sont des militants du Parti socialiste.  C’est un pantin», assure-t-il. Très critique, le secrétaire général du Saems-Cusems n’épargne pas le gouvernement. «Au lieu de favoriser l’emploi des jeunes,   le gouvernement fait la promotion du  chômage des jeunes». «A quoi sert de recruter et de former  des enseignants s’il  ne faut pas les affecter», scandent les syndicalistes et les professeurs en «chômage» qui espéraient rejoindre leur poste dès l’ouverture de cette année scolaire. «Serigne Mbaye Thiam demande du temps. Il a annoncé qu’il va se concerter avec son homologue des Finances pour supporter les nouvelles entrées d’enseignants», informe Ousmane Barro, président de l’amicale de la Fastef sous les huées du public. «Macky Sall a  fauté en mettant ce comptable (Sérigne Mbaye Thiam) à la tête de l’éducation», rouspète, Lamine Mané, professeur de français non affecté. Ils ont promis de remettre ça ce matin pour «maintenir la pression» sur Serigne Mbaye Thiam. 
Stagiaire

Mamadou Lamine Dianté, secrétaire général du Saems-Cusems : «En banlieue dakaroise, il y a des classes de 120 élèves»

En marge du sit-in sur la non-affectation de certains professeurs de la Fastef, Mamadou Lamine Dianté, secrétaire général du Saems-Cusems, a fait des révélations fracassantes. Faisant savoir que le système éducatif traîne un déficit d’enseignants, il annonce qu’il y a des salles de classe qui atteignent 120 élèves en banlieue dakaroise. Dans les régions,  «le nombre varie entre 70 et 80 élèves par salle de classe»,  révèle-t-il. Dans le même ordre d’idées, il poursuit : «Les élèves, qui devraient étudier 5 heures de mathématiques par semaine, font désormais 2 heures alors que des professeurs de maths sont laissés sur le carreau», fait-il remarquer avant d’ajouter que l’Etat veut supprimer la Fastef. «Nous n’accepteront pas cela», annonce-t-il. «Le gouvernement a informé que les enseignants sortants des Efi vont être affectés au mois de janvier. C’est un scandale. Ce déficit de professeurs montre que des classes vont fonctionner à partir de 2014», regrette-t-il. 
Stagiaire

http://www.lequotidien.sn/index.php/component/k2/item/25129-fastef-non-affectation-des-nouveaux-professeurs--serigne-mbaye-thiam-dans-le-viseur-des-enseignants

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