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Le Btp serait-il une voie par laquelle l’Etat, sous prétexte de construire des infrastructures, organiserait, en fait, un véritable gaspillage avec l’objectif non avoué d’enrichir certains secteurs sous son contrôle. Cette question mérite d’être posée au regard de ces milliards de francs Cfa qui dorment dans des constructions inachevées initiées  sous  différents régimes dont les façades hideuses se dressent comme un affront à toutes les urgences telles la santé, l’éducation, l’agriculture qui souffrent d’un manque criant de financement. On peut citer comme exemple les travaux de l’Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique (l’ANOCI a été créée par le décret N°674 de juin 2004) et la  réfection du building administratif dont les travaux ont été lancés depuis 2013 alors que  jusqu’à présent l’ouvrage n’a pas été livré. Last but not least, l’annonce de la construction d’une annexe Palais à Diamniadio.

  «L’idée, qui est derrière la réhabilitation de cet immeuble (Building, Ndlr), est de préserver son identité de 1954, le livrer dans les années 2014 – 2015 avec des conditions de sécurité, de fonctionnalités et de respect du système environnemental sans faille », avait déclaré l’ancien ministre porte-parole du Gouvernement, Abdou Latif Coulibaly, président du Comité de pilotage du projet.  Quatre années plus tard, ce bâtiment, voit son estimation initiale grimper de façon vertigineuse du fait des retards sur les délais. A l’annonce (2013) il devait coûter à l’Etat 30,04 milliards livrable en 2 ans (2015). Ce qui est vite passé à 39 milliards, soit une hausse de 9 milliards FCFA. Quatre  ans après le non-respect des délais, le building est toujours en chantier laissant entrevoir un renchérissement des coûts quand arrivera enfin le moment de livrer le produit.

 
Cette situation coûte cher à l’Etat du Sénégal qui est obligé de louer des maisons et  des immeubles pour y transférer la plupart des Ministères. Comble d’incohérences ! Puisqu’au même moment est en train de sortir de terre à Diamniadio, une cité des ministères. A croire qu’il y a une absence totale de planification qui laisse place à un désastreux et coûteux pilotage à vue.
 
Comme si on n’était pas à une contradiction près,  le chef de l’Etat fait part en mars dernier, lors du forum du numérique, de sa volonté de construire une annexe du Palais à Diamniadio et se lance dans des justifications renversantes. Ainsi dira-t-il : «Ne l’oublions pas, notre Palais, très beau, est un héritage colonial mais nous devons tout de même nous aussi, laisser des traces. Je ne le fais pas pour moi, mais pour mon successeur».  Allez y comprendre quelque chose. D’un côté, on vante la sauvegarde du patrimoine et de l’autre on fustige l’héritage colonial.
 
PLUS DE 89 MILLIARDS ENGLOUTIS DANS LES CHANTIERS DE L’ANOCI
 
Plus de 89 milliards ont été injectés dans les chantiers de l’Anoci. De ces 89,3 milliards,  16 milliards ont été tirés des caisses de l’Etat et les 73,3 milliards se répartissent en dons et en prêts à des taux concessionnels. De ces dons, la part des pays du Golfe est de 26 milliards de francs CFA. Les 47 milliards restant engagent les générations présentes et futures. Tout ceci découle d’une mauvaise gestion de nos deniers publics, d’un déficit de planification, d’un manque criant de suivi-évaluation, d’une absence de transparence des autorités à évaluer les coûts et surtout à diligenter les travaux de construction. 
 
CAP MANUEL, CORNICHE OUEST, MAMELLES : Ces chantiers à l’abandon
 
Du Cap Manuel jusqu’aux Mamelles, en passant par la Corniche jusqu’à Ngor, les chantiers de l’Anoci visibles et inachevés font le décor de la capitale sénégalaise. Sur la corniche, les hôtels et autres bâtiments inachevés interpellent tout un chacun sur la gestion des deniers publics au Sénégal.
 
A  quelques mètres de l’hôpital Aristide Le Dantec  se dresse un grand bâtiment en état de délabrement très avancé. On constate des fissures sur les murs parsemés d’une couche verdâtre. Cet édifice inachevé qui fait partie des travaux entamés pour les besoins du Sommet de l’organisation de la conférence islamique qui s’est tenue au Sénégal (Anoci a été crée en juin 2004), est laissé en rade.  10 ans après, rien n’est encore fait par les autorités pour poursuivre les travaux de ces bâtiments qui ont coûté des milliards  de francs Cfa au contribuable sénégalais.
 
Dans l’enceinte de cette vieille bâtisse, des tas de sable et des gravats ornent le décor. La dalle commence à s’affaisser faute d’entretien, le fer est rongé par la rouille. Au niveau des Mamelles de Dakar, sur la route qui  mène vers  Ngor  se dresse un grand bâtiment en construction qui date d’une dizaine d’années. Cet édifice qui faisait partie des chantiers de l’Anoci est entouré par des herbes flétries et des arbres qui rendent l’endroit inaccessible.
 
Ici, des barres de fer et des bétonnières  jonchent le sol, abandonnées à leur sort funeste. C’est le calme plat qui règne sur les lieux  perturbés par moment par les gazouillis des oiseaux.
 
L’immeuble est laissé en rade. Rien n’est fait pour son entretien encore moins pour entamer  pour les finitions. Pourtant, là aussi, des milliards de francs Cfa ont été décaissés pour la construction des ces bâtiments abandonnés.  Sans compter que ce décor qui est l’expression achevé du gaspillage des deniers publics qui a cours sous nos cieux sont comme un affront  à toutes  les urgences malmenées faute de financements adéquats.

 

SOURCE :http://www.sudonline.sn/quand-l-etat-gaspille-des-milliards_a_39079.html

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