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Saraya
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Le département de Saraya, situé dans la région de Kédougou et frontalier avec le Mali et la Guinée, est vraiment pauvre, malgré qu’il regorge d’un potentiel minier inestimable. Dans cette contrée du Sénégal, tout est urgence, ou presque. L’exploitation artisanale de l’or y galoppe avec son cortège de malheur, celle industrielle n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière, le front agricole recule.

 

Le visiteur qui débarque pour la première fois dans le département de Saraya lit sans jumelles le niveau de pauvreté qui y a atteint par endroits, des proportions alarmantes. Et pourtant, la contrée abrite plusieurs sites d’orpaillage et voit sur son sol une pléiade d’entreprise minières. Ici, il y a des millions de tonnes de réserves de fer, de l’or qu’exploite à l’échelle industrielle une compagnie canadienne (Teranga Gold Operated), mais aussi des milliers d’orpailleurs. Il n’y a rien qui indique l’opulence, aussi bien dans le Dentila, le Bélédougou que dans le Sirimana, sauf peut être le somptueux centre de santé de Saraya dont les langues pendues diront qu’il a été offert à l’Etat du Sénégal par la coopération japonaise. L’électricité y est pas continu et demeure encore un luxe dans la plupart des localités, l’eau n’y coule guère à flot, les abris provisoires attestent que l’enseignement élémentaire y connait des difficultés, les équipements marchands se font ardemment désirer, l’insécurité alimentaire rode dans les environs, le tout sur fonds de problèmes liés au grand banditisme. L’édile de Saraya, Ngouda Soumaré laissera échapper ceci, « aucune infrastructure structurante de base digne de ce nom n’est visible à Saraya qui conserve toujours les traits de caractère d’un village. La seule infrastructure qui est construite est le centre de santé dont la mairie a totalement assuré la fourniture en eau nécessaire à la construction ». Monsieur le maire de poursuivre, « ce sont des locaux debout qui y sont car, plusieurs spécialités y manquent. Le centre n’a pas de dentiste, les services gynécologiques n’y sont pas offerts (pas de gynécologue malgré le taux élevé de natalité et de femmes en âge de procréation), un anesthésiste est demandé depuis toujours, mais jusqu’ici sans succès ».

« Pour ce qui est du bloc opératoire, il n’existe que de nom car, depuis l’ouverture du centre jusqu’à nos jours », regrettent les habitants. « La structure n’a pas d’anesthésiste. Du coup, la césarienne ne s’est jamais pratiquée à Saraya. Toutes les femmes qui ont présenté des complications gynécologiques lors de leur accouchement sont évacuées sur Kédougou où certaines même ont succombé en cours de route. Seule la route Saraya-Moussala-Kédougou est bonne dans le département, rien d’autre », pestent les populations visiblement meurtries.

Un taux élevé de la prévalence du VIH.

Dans la localité, du fait de la présence des sites d’orpaillage (à Kharakhéna, Tenkoto, à l’époque Sambrambougou, entre autres), une foule inestimable de ressortissants de la sous région y ont afflué, à la recherche du métal précieux. Plus d’une dizaine de nationalités sont recensées dans le département. Et cela n’est pas resté sans conséquences fâcheuses selon le maire. La prostitution s’y pratique à grande échelle malgré le travail qu’abattent les pandores dans la zone. Des enfants abandonnent les classes pour galérer dans les sites d’orpaillage, un raccourci dans leur entendement pour espérer faire vite fortune

La prostitution gagne du terrain, le VIH/SIDA flambe, il ya plus qu’une urgence signalée. La promiscuité dans les sites d’orpaillage y a occasionné la réapparition de l’Hépatite E qui a fait près de 24 victimes dont une vingtaine de femmes.

« La commune ne tire pas profit des sociétés minières ».

Malgré leur nombre important dans la commune de Saraya, l’institution ne gagne rien des sociétés minières implantées dans son territoire, selon le maire. « Nous ne recevons que des appuis ponctuels des sociétés minières», renseigne Ngouda Soumaré qui dit vouloir en tirer davantage de revenus, pour mieux faire face aux préoccupations urgentes des populations. De manière officielle, il n’y a pas de chiffres qui attestent que telle ou telle société minière doit verser tel montant à la mairie. C’est de manière ponctuelle que la commune est appuyée surtout dans le cadre de la responsabilité sociétale de l’entreprise. Si nous étions aidés dans ce sens, cela nous permettrait de faire beaucoup de réalisations au profit des populations qui sont aujourd’hui meurtries et déboussolées. Nous osons espérer que les pouvoirs publics centraux, avec le Fonds d’Appui au Développement Local qui s’annonce dans le nouveau code minier en gestation, le Programme Social Minier et la Stratégie Régionale de Développement de Teranga Gold Operated, nous aideront à améliorer sensiblement les conditions de vie des populations, surtout que ces ressources minières sont non renouvelables ».

Banditisme permanent.

La découverte de l’or rime aussi avec banditisme dans la localité. Il ne se passe pas beaucoup de temps, sans que des agressions ou autres braquage ne soient notés dans la zone. Il y a une réelle insécurité à Saraya malgré que des brigades et postes de gendarmerie soient érigés dans beaucoup de villages. « Plusieurs fois de suite, des attaques sont notées avec des pertes en vies humaines enregistrées », se désole le maire. Il faut rappeler que quatre nouvelles brigades de gendarmeries vont être construites dans la région.

[orbit]

Abdoulaye FALL / www.tambacounda.info /

 

source:http://www.tambacounda.info/2015/08/31/reportage-saraya-un-departement-assis-sur-de-lor-mais-extremement-pauvre/

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