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Ces boues stabilisées qui valent de l’or

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Les lieux baignent dans un silence de cathédrale. Comme si cela était fait sciemment pour laisser les micro-organismes s’occuper du travail de rabattement des effluents. « Les boues de vidange domestiques contiennent un taux non négligeable de matières organiques », a affirmé Abdoulaye Faye, expert en biogaz au Programme de structuration du marché des boues de vidange (Psmbv), dans un magazine publié dans le cadre de la mise en œuvre du projet précité.

Les lits sont alimentés par des conduites à partir de la station. Les regards surmontés par vannes sont les installations visibles. Les lits sont exposés au soleil pour accélérer l’assèchement et la transformation des micro-organismes. La piste qui sépare les deux blocs de lits se meule du fait du passage des camions. « Ce sont les camions qui viennent pour transporter le terreau », ajoute Diène Sarr.

A quelques mètres, juste à l’entrée du parc des lits, Diégane Sène, enveloppé dans un pull-over blanc, assis à même le sol près d’un monticule d’engrais vert et d’une meule de terreau, n’a pas tous les mots pour apprécier la valeur agronomique des boues de vidange. « Tous les fleuristes l’utilisent, parce qu’elle contribue à accroître les cultures à un rythme beaucoup plus rapide. Le mètre cube tourne autour de 4.000 FCfa. Malgré cela, tous veulent s’en procurer », confesse-t-il. L’odeur peu rebutante n’invite guère au romantisme. Pourtant, une végétation arbustive surplombe les lits.

En face d’une parcelle, un monticule de terreau plus compact ne se fond pas dans le décor verdoyant. Sous une hutte, son propriétaire, Alioune Coly, un jeune venu dans la floriculture par passion, s’est bien installé. Leurs activités a reçu un coup de fouet grâce à la fertilisation à base de boues de vidange. « Les boues de vidange accélèrent le développement du gazon. Pour les autres cultures, nous faisons un mélange avec les fleurs des filaos. En plus, nous revendons parfois plusieurs sacs », rapporte-t-il.

A l’entrée principale, une forêt de cocotiers, des bougainvilliers et des fleurs « piccus ». C’est une sorte de restauration grâce à ce dérivé de l’assainissement. Le vieux Hoane Sène prend une pause au milieu de ces fleurs. Il est sur le site bien avant la construction de la station. « Il n’y a pas un maraîcher qui ne fait pas recours à ce terreau ; tous ont vu l’intérêt. Il accélère le processus de maturation des fleurs, mais, pour certaines plantes, il faut un dosage, sinon elles vont mourir à cause de la salinité », précise-t-il. Ndiaga Ndour, croisé dans le jardin de Hoane Sène, confirme les propos de ce dernier. Ce sérère de grande taille et au teint noir, amende également ses parcelles avec ce fumier. « Mes parcelles sont aux abords de l’école Mariame  Niass. De temps en temps, je viens chercher ce produit », dit-il. Dans ce bureau, madame Ndiaye, la responsable du marketing à la station d’épuration, confirme les propos des maraîchers et des fleuristes. « La vente des boues stabilisées se poursuit », affirme-t-elle. En réalité, il y a de l’aubaine au bout des boues de vidange.

 

Becaye S DiopDR BECAYE SIDY DIOP DE L’AGENCE INTERGOUVERNEMENTALE PANAFRICAINE POUR L’EAU ET L’ASSAINISSEMENT POUR L’AFRIQUE: « LE SÉNÉGAL A PRIS UNE SÉRIEUSE OPTION POUR LA VALORISATION AGRICOLE DES BOUES DE VIDANGE »
Les boues ont une valeur agronomique certaine. Dans cet entretien réalisé à Abidjan, le Dr Bécaye Sidy Diop de l’Eaa soutient que le Sénégal est sur la voie d’explorer toutes les opportunités de ces dérivés de l’assainissement qui pourraient contribuer à l’augmentation des rendements grâce à un amendement organique des sols.

Vous avez fait, à l’occasion du forum de haut niveau sur l’eau et l’assainissenent en Afrique organisé à Abidjan, une présentation sur les boues de vidange. Pouvez-vous nous faire l’économie de votre communication ?
La présentation a porté sur la problématique de la gestion des boues de vidange dans les pays en développement. Comme vous le savez, la majeure partie des populations dans nos pays utilisent ceux que nous appelons les ouvrages d’assainissement individuels qui ont pour vocation de produire et de conserver les quantités de boue qui sont très importantes et qu’il faut évacuer de manière régulière. Une fois que ces boues seront évacuées, il faut un mode de gestion pour protéger la quantité produite et l’environnement. C’est le premier objectif. Le deuxième objectif, c’est de produire les ressources financières à partir de ces boues. C’est la vocation du Projet de la restructuration des marchés de boues de vidange initié par l’Office national de l’assainissement du Sénégal et financé par la Fondation Bill et Melinda Gates.

Les boues ne sont pas encore vendues à grande échelle. Est-ce que cette perspective est à l’étude ?
Il y a de réels profits. Ces boues ont une valeur agronomique certaine. Des agriculteurs et des fleuristes le comprennent déjà très bien. Ces derniers viennent l’acheter. Cette utilisation reste encore embryonnaire. Il s’agit de développer l’activité et d’explorer d’autres voies de valorisation, notamment celle énergétique, parce que ces boues contiennent de la matière organique qui est une source d’énergie. Dans le projet avec la Fondation Gates, il est prévu l’implantation d’une station de boues de vidange couplée à une station de production de biogaz au site qui sera situé à Keur-Massar. Donc, l’option de valorisation de ces ressources est claire et nette pour le gouvernement. Ce projet permettra de produire des quantités d’énergie très importantes pour satisfaire au moins les besoins en énergie de la station.

Est-ce qu’il y a une valorisation ?  
Il faut reconnaître que l’Etat, à travers l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), est en train de faire un travail dans ce sens. La preuve est que le Sénégal est l’un des rares pays où l’on trouve des stations de traitement des boues de vidange. Nous en avons trois dans la région de Dakar et une 4ème sera construite à Keur-Massar en 2014. L’Etat du Sénégal a expérimenté la valorisation agricole des boues. Elles sont achetées par les fleuristes et des maraîchers pour amender leurs sols. Donc, la préoccupation était bien là. Mais cela manquait de dynamisme. Même le programme est très costaud, parce que prenant toute la chaîne de valeur. On peut donc dire que l’Etat du Sénégal a pris une sérieuse option vers la valorisation de ces boues.

Est-ce que ces boues peuvent servir à fertiliser les sols dans les régions de Kaolack, Diourbel, etc. ?
Les sols du Sénégal sont pauvres. Les pédologues vous le diront mieux que moi. Le seul amendement durable, c’est celui organique, et non chimique. Ce dernier tue les sols. L’amendement chimique tue le sol lorsque ce dernier est particulièrement pauvre. Si l’on a ces boues organiques et que la quantité est suffisante, il est clair qu’on a là une ressource certaine pour contribuer à l’amélioration de nos sols.

 

Boue 2RECYCLAGE DES DERIVES DE L’ASSAINISSEMENT: LA SOUVERAINETÉ TECHNOLOGIQUE ENTRE EXIGENCES POLITIQUES ET OPPORTUNITÉS
Pour marcher sur le tempo du monde de la technologie, l’Afrique prend la résolution de s’émanciper de l’agenda des partenaires plus nantis. Il récuse ainsi le statut de poubelle pour les technologies obsolètes, pour être dans le monde de l’innovation, et ce, en temps réel. Un nouvel horizon est indiqué. Il passe nécessairement par la mutualisation des intelligences, l’affirmation plus forte de la volonté politique, l’implication des groupes financiers privés et l’exploitation bénéfique des opportunités offertes par le sous-secteur « Eau et Assainissement ».

Un destin s’écrit à l’encre de fortes résolutions à ne plus être la poubelle du reste du monde. L’Afrique entend marcher sur les sentiers du progrès, dans une cadence rythmée par l’horloge des innovations technologiques à l’échelle mondiale. Le temps du progrès n’est pas celui de la remorque de l’Histoire. Il s’agit bien de vibrer, en temps réel, aux bienfaits de l’intelligence humaine. Les pendules sont donc mises à l’heure par l’initiative « Think Tank » porteuse d’une volonté affirmée à l’occasion de la 3ème édition du Forum de haut niveau sur l’Eau et l’Assainissement pour tous en Afrique qui s’est tenu, du 21 au 23 novembre 2013, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. A cette rencontre de partage, le principe fédérateur est resté la coopération Sud-Sud. Pour prendre son destin en main, l’Afrique est obligée de traduire cette volonté en ruptures afin de réduire, sinon effacer la très forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur, notamment les partenaires traditionnels. L’heure est à la diversification des partenaires et à l’exploitation de nouvelles opportunités de financement. La coopération est un processus participatif assez généreux qui n’exclut pas l’exercice d’une souveraineté au nom des intérêts respectifs bien compris.

Au nom de ces orientations innovantes, l’Initiative « Think Tank » annonce de nouvelles attitudes, aussi bien dans les approches que dans la construction des infrastructures. La qualité des offres, particulièrement leur conformité avec les besoins réels, est érigée en critère fondamental. Cette option fait écho à une des  recommandations majeures du Forum d’Abidjan. Le communiqué final consigne en très bonne place cette résolution : « Dans le domaine de la coopération Sud-Sud ou Nord-Sud, une plus grande importance devrait être accordée à la qualité de l’aide, de sorte que l’Afrique ne demeure pas un réceptacle de technologies et approches obsolètes et non durables ».

Avis des experts à la volonté des gouvernants
Leur position d’avant-garde naturelle fait porter aux chercheurs cette obligation de proposer des solutions inspirées des réalités socioculturelles africaines. La pertinence de leur implication dans la formulation de contenus à ce nouveau cap sera, par la suite, valorisée par la volonté politique des Etats. L’inertie n’est pas la voie royale pour marcher au temps du monde de la haute technologie. Il urge de se bouger pour se donner les moyens humains et techniques de compter dans le concert des nations. L’autonomie est à ce prix. A Abidjan, les experts ont insisté sur cette exigence de réactivité gagnante. « Les gouvernements africains doivent être à l’affût de moyens d’amélioration des normes des technologies d’assainissement au bénéfice des populations. Quel que soit son milieu d’habitation rural ou urbain, chaque citoyen mérite d’avoir des technologies modernes », défend Zakari Bouraima qui a lu le communiqué final.

Ainsi se dessinent les autoroutes du progrès économique, social et environnemental pour une Afrique décidée à s’émanciper, mentalement, des tutelles extérieures. Le continent veut réfléchir par et pour lui en faisant de ses matières grises et de ses spécificités sociales les boussoles vers le développement. Cette vision induit encore un exercice critique, surtout dans le sens d’une accélération du processus d’accès aux services de base. Au-delà de l’Etat, toutes les forces économiques apportent un souffle d’énergie à la réalisation des objectifs d’indépendance technologique. Il y a notamment l’exploration de nouvelles niches de financement pour contourner les goulots d’étranglement classiques.

Plus qu’un principe de maturité scientifique, il s’agit d’une dignité à préserver. « La dépendance à l’aide et à la charité n’est pas une solution pour accélérer l’accès à l’eau et à l’assainissement. Les Africains démontrent leur motivation à payer pour des services d’eau et d’assainissement », soutiennent ces experts dans le communiqué final.

Saisir les opportunités de l’assainissement…
Ce nouveau cap laisse souffler un vent d’optimisme sur l’imposant hôtel 5 étoiles abritant le Forum. A juste raison. En plus des frais de participation, un montant record de conventions et de contrats rehausse le niveau de satisfaction. « Nous avons aussi pu signer des conventions pour un montant de 2.400 milliards de FCfa. Le président du Conseil des ministres s’est engagé à utiliser son leadership pour que ces conventions aient une suite bénéfique », révèle le secrétaire exécutif de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’Eau et l’Assainissement pour l’Afrique (Eaa), Idrissa Doucouré.

Le Forum d’Abidjan a enregistré la participation de plus de 600 congressistes contre 400 à la précédente édition tenue à Dakar et qui a été également une réussite sur le plan de l’organisation. « Il y a donc une forte participation de l’ensemble des Etats membres. Nous avons réuni 47 ministres et chefs de délégations. 37 pays ont répondu à l’appel », fait remarquer Idrissa Doucouré qui, en passant, ne manque pas de se réjouir du retour de la paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire. Ce nouveau virage donne sur l’horizon de l’exploitation des opportunités de ce sous-secteur. C’est la voie de la rentabilisation des investissements et la réponse à la réduction des dépendances extérieures. « L’Afrique a encore une bonne marge pour tirer profit des opportunités d’affaires qui existent dans l’assainissement. Nous convenons qu’il faut des efforts renouvelés pour explorer les différents modèles d’affaires des pays du Sud et aussi les bonnes expériences de l’Afrique, telles que le projet de structuration du marché de boues de vidange à Dakar. Nous soulignons aussi l’importance d’axer ces modèles sur la réduction et le recouvrement des coûts ainsi que le recyclage et la réutilisation des déchets », défendent les membres du Comité scientifique du Forum.

Des perspectives de financement
De nos jours, les enjeux des questions d’assainissement et d’accès à l’eau sont appréhendés par le secteur bancaire. L’investissement dans ce secteur est plus rentable pour les Etats que pour les autres partenaires financiers. Nonobstant, une augmentation du volume des ressources est un choix porteur. Il est prouvé que l’accroissement des financements participe à la prévention, en aval, des maladies. Ces fonds injectés réduisent, par ricochet, la durée d’absence des travailleurs et contribuent à la diminution des dépenses des ménages en soins de santé. « Il est connu que des opportunités de financement existent auprès des banques du Sud et même au niveau des banques commerciales pour le secteur de l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement. Nous avons donc convenu de promouvoir le développement de modèles d’affaires innovants pour attirer le financement provenant de telles ressources », lit-on dans le communiqué final du Forum de haut niveau sur l’eau et l’assainissement pour tous en Afrique. 
La voie est tracée et le mode de cheminement indiqué. En plus de ce bréviaire, il faudra une vraie politique de maintenance et d’entretien pour capitaliser les investissements.

 

AUGMENTATION DES FINANCEMENTS: LE DÉBUT D’ÉVEIL DE CONSCIENCE politique
« Les investissements dans le secteur de l’assainissement ne sont pas visibles. Ils sont enfouis dans la terre ». Ces propos du ministre ivoirien de l’Assainissement, de l’Eau et des Logements, Mamadou Sanago, pourraient expliquer les raisons qui n’incitent pas les politiques à ne pas accorder jusqu’ici une priorité au secteur de l’assainissement, considéré comme le parent pauvre en matière d’attributions financières. Fort heureusement que nous assistons à un éveil de conscience des politiques. La preuve, la Côte d’Ivoire va injecter 400 milliards de FCfa pour rattraper le retard. « Rien que pour la Côte d’Ivoire, il y a des centaines de milliards de FCfa qui ont été investis dans l’eau et l’assainissement, au cours de ces dernières années, en matière de réhabilitation, des collecteurs, des ouvrages d’assainissement. Tous ces ouvrages sont cachés. Eaa devient ainsi un vecteur de sensibilisation des Etats » ; reconnaît le ministre ivoirien Mamadou Sanago. La Côte d’Ivoire n’est pas le seul pays à s’inscrire dans cette voie. Le Tchad a fait passer son budget de 2 à 20 milliards de FCfa en l’espace de 2 ans, alors que le Sénégal projette d’investir 600 milliards de FCfa pour son Plan décennal de lutte contre les inondations qui couvre la période 2013 à 2022.

 

Boue 3BIOTECHNOLOGIE DE L’ASSAINISSEMENT ET QUALITE DE L’EAU: L’USAID S’ENGAGE À MODERNISER LES LABORATOIRES
La modernisation des laboratoires et le partage des informations seront les autres axes de coopération que l’Usaid développera avec les pays africains. L’information a été donnée par la directrice régionale de cette organisation qui était en conférence de presse à Abidjan le 24 novembre 2013, lors du Forum de haut niveau sur l’eau et l’assainissement pour tous en Afrique.

L’Usaid, le principal partenaire de Eaa dans l’organisation de la 3e édition du Forum de haut niveau sur l’eau et l’assainissement, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. L’organisation américaine a dévoilé à Abidjan l’élargissement de son champ de coopération avec les Etats africains. Dans un premier temps, elle soutiendra l’équipement des laboratoires de deux pays. « Nous allons aider le Burkina Faso et le Ghana à avoir des laboratoires certifiés », décline sa directrice, Denis Dix, au cours d’un point de presse animé en présence du ministre de l’Eau du Niger, Wassalké Boukary. 
L’autre axe qui sera privilégié est voisin de la modernisation des laboratoires. L’Usaid considère les ressources humaines comme le pilier essentiel dans la quête de réponses aux problèmes d’assainissement. « Nous allons renforcer le partage des informations et des connaissances, et les mettre à la disposition des usagers », énumère Christine Mercilino de la direction de la protection de l’environnement des Etats-Unis. La recherche de solutions adaptées aux réalités africaines ne peut pas faire abstraction des ressources humaines qualifiées capables d’adapter les techniques et les technologies aux réalités du continent.

La modernisation des laboratoires d’autres pays africains aidera à prendre en compte la qualité de l’eau. Ce dernier aspect revêt un enjeu de premier ordre, au regard de la pollution des sources et aussi des possibilités de préservation des écosystèmes. Lors de la cérémonie de clôture, la directrice de l’Usaid est largement revenue sur les innombrables défis de ces sous-secteurs que les pays africains doivent relever. Aussi, il est prouvé que les investissements dans l’assainissement contribuent, entre autres, à réduire les dépenses en santé des ménages par la prévention ou la réduction de la fréquence des maladies liées à l’absence de toilettes décentes, aux difficultés d’évacuation ou d’élimination de certains déchets dangereux.

Dossier réalisé par Idrissa SANE
SOURCE: http://www.lesoleil.sn/index.php?option=com_content&view=article&id=36974:ces-boues-stabilisees-qui-valent-de-lor&catid=78:a-la-une&Itemid=255

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