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Sénégal - Henan Chine-Touba ou l’exploitation de l’homme par... le chinois.

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Nous avons alors saisi cette occasion inespérée de nous rassembler pour faire part au monde de ce qui se passe dans cette entreprise. Nous voulons apprendre au monde du travail que nous vivons de l’esclavage. L’Etat ne doit pas être au courant de cette exploitation dont nous souffrons. Depuis 1989, je suis ici. On ne fait signer que des contrats de trois mois. Et c’est au vu et au su de l’inspection du travail de Diourbel. C’est comme si les inspecteurs étaient de connivence avec les chinois ». 


Sur ces entrefaites, un agent de Henan Chine nous interrompt et nous demande de vider les lieux. Les travailleurs résistent. Mais l’homme commence à identifier les têtes qui s’agitent. Le peur d’être licencié est visible. Ils nous font sortir. L’interview reprend. 
« Nous souffrons de tous les maux. Licenciements arbitraires, menaces d’exclusion en cas de protestations, prise en charge médicale en demi-teinte, dur labeur qui va de 8 heures à 1 heure du matin, heures supplémentaires jamais payées, surcharge abusive dans les tâches à accomplir, manque de considération notoire manifestée par des attitudes dégradantes de la part des chinois et de leurs  espions, salaires misérables  non négociables….Je fais partie des gens les plus âgés. Je sais que je risque l’exclusion, mais j’aurais tenté au moins d'aider mes jeunes frères à avoir de meilleures conditions de travail » conclut Mamadou Souaré. 
  
L’entretien terminé, le vigile nous fait signe de la main que nous pouvons regagner l’usine. Nous lui opposons un refus catégorique. Rapidement, c’est le conseiller juridique de Henan Chine, Baya Diagne, qui nous supplie de venir. Et cela pour dire : « ces accusations me font rire ( des accusations que les espions lui ont peut-être rapportées). Par rapport aux licenciements arbitraires dont ils parlent, on ne fait que leur envoyer des notifications toutes les fois que leurs contrats arrivent à terme. Le renouvellement des contrats relèvent du pouvoir discrétionnaire de l’employeur. Si le patron ne respectait pas le barème en vigueur, l’inspection du travail aurait rejeté les contrats. Par apport aux heures supplémentaires, si le pointage ne convient pas à un travailleur, il a le droit de faire des revendications. C’est l’inspection du travail qui règle le problème des travailleurs et non les médias. Ici, on n'a pas à signer des contrats indéterminés. Ceux qui ne veulent pas de CDD, ils ne sont pas obligés de travailler avec nous ». 
En partant, un jeune chauffeur originaire de Tambacounda nous souffle à l’oreille : « Petit frère, nous sommes très fatigués. On me paie 380 francs l’heure. Nous travaillons de 8 heures à 18 heures. Et si ce que nous devons faire n’est pas bouclé, nous sommes obligés de prolonger. Quand nous sommes en mission, nous mangeons à nos propres frais et nous dormons dans les véhicules pendant que les patrons logent dans des hôtels ou dans des auberges. Il faut que les autorités soient au courant de nos souffrances, sinon nous serons obligés de continuer à souffrir en silence ». 
Il est 17 heures 50 minutes lorsque nous quittons cette forteresse qui referme sur elle ses portes et secrets... 

source: http://www.dakaractu.com/Henan-Chine-Touba-ou-l-exploitation-de-l-homme-par-le-chinois_a65373.html

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