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UCAD - Après Balla Gaye en 2001 : La Police descend aussi Bass

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Depuis 48h, l’Ucad a retrouvé ses démons. Stationnée au sein du Campus universitaire, la Police tente d’étouffer la colère des étudiants qui a commencé à se gonfler dans la nuit du mercredi. Privés de bourses, ils prennent d’assaut l’avenue de lamentations. Durant toute la soirée, les deux camps se livrent à leur jeu favori : Jets de pierre et de tirs de lacrymogènes. Dès les premières heures de la matinée du jeudi, ils remettent une dose de détermination pour pousser l’autorité à payer les bourses. La journée est promise au chaos. La tension ne faiblit pas. La contestation prend de l’ampleur. 
Dans cette atmosphère de contestation, les Gmi décident d’accélérer la cadence pour ramener l’ordre dans l’espace universitaire. Le chaos se dessine. Pris de panique, ils sautent des pavillons pour échapper à la charge des Forces de l’ordre. On touche le fond : Les blessés s’accumulent, la peur grossit dans les rangs des «Ucadiens» qui ne renoncent pas à la bataille. Dans les chambres, l’information commence à circuler : Un étudiant est tombé au champ d’honneur. 
Les nuages s’accumulent au-dessus de l’Ucad prisonnière  de ses démons. L’info circule comme une traînée de poudre. Dans les couloirs, il est interdit de pointer son nez. Têtue, la rumeur prend l’apparence de la vérité : Bassirou Faye est tué par balle. La révolte gagne les étudiants. Mais, ils viennent de perdre la «bataille» par usure. Dans les pavillons, on s’organise pour évacuer les blessés dans les différents centres hospitaliers de la capitale. «Bass» est évacué à l’Hôpital principal de Dakar. 16H 30 : Il rend l’âme, d’après les autorités. 

«On reconnaît le tireur»
 Flanqué du Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Naine, qui cristallise les rancœurs du monde universitaire, donne un cachet officiel à la tragédie. Voix tremblotante, il dit : «(…) Ces manifestations ont causé plusieurs blessés parmi les étudiants et les Forces de l’ordre, tous pris en charge par les services d’urgence des différents centres hospitaliers de Dakar. Malheureusement, à 16h 30 mn, l’étudiant Bassirou Faye a succombé à ses blessures.»  «Le président de la République, le premier ministre, le gouvernement expriment toute leur compassion et leurs sincères condoléances à la famille du disparu et à la communauté universitaire. Le gouvernement tout en déplorant la violence qui a caractérisé ces manifestations continuera à veiller sur la sécurité des personnes et des biens et au maintien de l’ordre public. Le procureur de la République saisi du dossier, s’attèlera à situer toutes les responsabilités et prendra les mesures appropriées», ajoute-t-il.
Dans les coursives de l’Hôpital principal de Dakar, les étudiants sont drapés dans une dignité stoïque. Ils sont là pour avoir les nouvelles des camarades admis aux services des urgences. «C’est un crime. Il ne sera pas impuni», crient-ils. Mais, le cœur n’est plus à la bataille. Il est au recueillement. Il est minuit. Principal retrouve son calme déchiré par le vrombissement des véhicules. 
Aujourd’hui, l’Etat est face à une urgence : le Collectif des étudiants a décidé de décréter une grève illimitée jusqu’au départ de Marie Teuw Niane, le retrait des Forces de l’ordre du Campus social et pédagogique, la libération immédiate et sans condition des manifestants arrêtés, la prise en charge des blessés, ainsi que l’ouverture d’une enquête judiciaire. Colocataire de Bassirou Faye à la chambre 51 E, Sett Diagne boue de rage : «Je reconnais le Commandant qui a tiré sur lui. Même si on mettait tous les Gmi, je le reconnaîtrais… Je suis prêt à témoigner pour que la vérité éclate.» En réunion de crise hier, la Police attend les résultats de l’autopsie avant de se prononcer. Ainsi va l’Ucad. 

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source:http://www.lequotidien.sn/index.php/la-une2/7205-ucad-apres-balla-gaye-en-2001--la-police-descend-aussi-bass

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