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Violences sexuelles, grossesses non désirées : Le calvaire des filles migrantes à Dakar

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Il s’agit d’un sujet grave et actuel : la jeune fille migrante, travailleuse, en quête d’une dignité par le travail, mais faiblement protégée par la législation. Une situation qui a motivé une étude sur la «santé sexuelle et reproductive des jeunes filles migrantes : étude diagnostique et stratégies d’intervention pour une réduction de leur vulnérabilité».

Une étude qui a confirmé d’ailleurs la vulnérabilité des jeunes filles migrantes. L’équipe de recherche qui a mené cette enquête et qui est dirigée par Khadidiatou Tall Thiam a interrogé 28 filles domestiques, âgées de 13 à 25 ans dans le cadre de cette étude diagnostique, 3 structures prises en charge, 2 responsables du ministère de la Famille et 5 parents de filles migrantes dans les zones de départ. 
L’enquête a d’emblée révélé une précocité des enfants concernés par cette migration interne, mais aussi l’importance du nombre de filles qui quittent souvent les régions de l’intérieur du pays pour venir travailler à Dakar. La plupart des filles sont âgées de moins de 19 ans. Aussi, ces jeunes filles migrantes non scolarisées ou déscolarisées sont-elles souvent sans formation, ni qualification professionnelle. Un statut qui ne leur permet pas d’offrir un service de qualité à des familles urbaines de plus en plus exigeantes. C’est pourquoi, note Khadidiatou Tall Thiam, l’employeur ne peut que leur offrir un salaire dérisoire compris entre 13 mille et 45 mille francs Cfa.
L’enquête révèle aussi que la cause principale de ces déplacements reste la pauvreté des ménages. Une pauvreté croissante qui explique l’attitude des parents, souvent favorables à la migration pour un appui alimentaire, mais aussi pour le besoin d’habillement de la fille migrante, ou pour l’achat de fournitures scolaires. Parce qu’aussi, souligne Mme Tall, de plus en plus, les élèves migrent durant les vacances scolaires pour venir travailler à Dakar comme domestiques, afin de financer leurs études à la place des parents gagnés par la paupérisation.
Mais le plus désolant dans la situation de ces filles migrantes, c’est les violences qu’elles subissent. 50,6% des filles interrogées disent avoir subi des violences sexuelles. Très souvent, note Mme Tall, ces filles reviennent de leur village avec des grossesses non désirées, violées ou maltraitées. «Ce phénomène n’épargne même pas les élèves puisque des proviseurs de lycée nous ont approchés pour attirer notre attention sur ces élèves qui reviennent de Dakar souvent avec des grossesses», témoigne Mme Tall. Pourtant, souligne-t-elle, ces grossesses pouvaient être évitées, parce que 70% des filles ont exprimé un besoin de produits contraceptifs, comme moyen d’éviter ces grossesses non désirées. C’est à ce niveau d’ail­leurs que les Ong comme le Groupe pour l’étude et l’enseignement de la population (Geep) invitent l’Etat du Sénégal à agir. «Notre pays doit, au-delà des aveux de lacunes dans les politiques publiques en matière de protection des droits, agir en instaurant des programmes nationaux pour prendre en compte la santé sexuelle et reproductive de cette frange de la population», plaide Babacar Fall, coordonnateur du Geep. 
Quant à la représentante résidente de l’Unfpa, Andréa Wojnar Diagne, elle a exhorté l’Etat à assurer à ces jeunes l’accès à une information correcte et à des services de santé reproductive de qualité pour que ce pays puisse bénéficier du dividende démographique émanant de sa population largement jeune.

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source: http://www.lequotidien.sn/index.php/component/k2/item/36135-violences-sexuelles-grossesses-non-d%C3%A9sir%C3%A9es--le-calvaire-des-filles-migrantes-%C3%A0-dakar

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