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Traque des biens mal acquis de la réactivation de la CREI à l’inculpation de Karim Wade

Biens mal acquis
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Poursuivi pour un détournement de deniers publics portant initialement sur un montant évalué à 691 milliards, puis revu à la baisse, à 178 millions d’euros, soit environ de 117 milliards FCfa. Il s’agira donc pour Karim Wade et pour ses avocats lors de cette séance d’apporter des justificatifs sur l’origine licite de son patrimoine financier évalué par le procureur spécial près la Crei à 178 millions d’euros, soit environ de 117 milliards FCfa. 
 
   La réactivation de la Crei 
 
Enclenché depuis 2012, suite à la défaite de l’ancien régime d’Abdoulaye Wade, la traque des biens supposés mal acquis constitue un des engagements du candidat Macky Sall lors de la campagne présidentielle de 2012. Ainsi porté à la tête du pays, le nouveau Président n’a pas mis du temps pour réactiver la Crei en léthargie depuis 1981. Il a ainsi nommé 18 magistrats de la cour devant siéger auprès de cette juridiction spéciale. Ces derniers, à l’exception du procureur spécial, cumulent leurs fonctions à la CREI avec celles qu’ils exercent dans les juridictions où ils sont affectés. 
 
 Interdiction de sortie du territoire
 
A peine nommé, le procureur spécial près la Crei, Alioune Ndao et son substitut, Antoine Diome se mettent au travail. Lors d’une conférence de presse en juillet 2012, les deux magistrats instructeurs avaient ainsi présenté une liste de 25 personnalités de l’ex-régime ciblées dans le cadre de ce qui deviendra plus tard la traque des biens mal acquis. Les huit parmi les 25, sont frappées par une interdiction de sortie du territoire national. Il s’agit de Karim Meissa Wade, Samuel Sarr, ancien ministre de l’Energie, Oumar Sarr, ancien ministre de l’Habitat et actuel coordonnateur général du Pds , Abdoulaye Baldé, Tahibou Ndiaye ex Dg du cadastre, Mamadou Diagne ex-patron de l’Urbanisme et Madické Niang, ancien ministre des Affaires étrangères, Ousmane Ngom, ancien ministre de l’Intérieur.
 
Le 2 octobre 2012, lors d’une de ses sorties, le procureur spécial Alioune Ndao présente une autre liste exhaustive des dignitaires de l’ancien régime visés par la plainte déposée par l’Etat du Sénégal au Parquet de Paris. Dans cette liste, le fils de Wade qui, auparavant avait été entendu à deux reprises en juillet  par des éléments de la Section de recherches de gendarmerie a vu son nom mentionné noir sur blanc. 
 
Le 15 novembre de la même année 2012, alors qu’il répondait ainsi à sa troisième convocation par les gendarmes enquêteurs de Colobane, Karim Wade se voit notifier officiellement une interdiction de sortie du territoire nationale. Son passeport retiré, il est prié de revenir la semaine suivant puis le mois de décembre pour se soumettre à l’exercice du jeu question-réponse des limiers. 
 
En mars 2013, après d’interminables allers et retours entre la Gendarmerie de Colobane où est logé la Section de recherche de la Gendarmerie nationale, le bureau du procureur spécial prés la Crei sis sur l’Avenue Cheikh Anta Diop et sa maison au point E, Karim Wade est sommé par Alioune Ndao de justifier un patrimoine évalué à 691 milliards F CFA. Il reçoit ainsi sa première mise en demeure.
Un mois plus tard, en avril 2013, il est incarcéré avec sept autres personnes, parce qu’il n’avait pu justifier l’origine licite de ses avoirs.  
Le 17 octobre alors que ses avocats engagèrent sur tous les plans la bataille de procédures pour le faire libérer, le fils de Wade se voit encore servir un second mandat de dépôt par le même procureur Alioune Ndao. 
 
De 691 milliards à 117 milliards FCfa.  
 
Poursuivi au départ pour un délit portant sur un montant de 691 milliards, le fils de Wade ne devra justifier que 117 milliards FCfa. Pour cause, le procureur de la Crei a revue à la baisse la valeur de son patrimoine présumé. Cette somme répartie dans plusieurs sociétés et biens immobiliers s’établit comme suis : AHS : 18 938 653 FCfa (Ahs Sénégal, Ahs Guinée équatoriale, Ahs Bénin, Ahs Répu. Centrafricaine). Les sociétés Ahs Ghana et Ahs Jordanie n’ont pas été évaluées, en raison du défaut de documentation comptable. Hardstand : 17 872 864 FCfa ; ABS Sa : 3. 804 .622. 630 FCfa ; Blakpearl Finance : 9.954.683 FCfa ; Dahlia Sa : 1.005.720.000 FCfa ; deux maison au Point E, évaluées à 524.325.000 Cfa ; une maison à la Sicap rue 10 : 10.291.250.000 F Cfa ; un appartement à Paris 16ème arrondissement, rue de la Faisanderie : 245.871. 375. FCfa ; Istar Immobilier : 1 ; 475.000.000 FCfa ; Assurance vie : 421.461.500 FCfa ; An Media 1.000.000.000 FCfa ; Cd Media en cours d’évaluation ; Parc automobile : 55.000.000 FCfa ; compte bancaire à la Cbao et Sgbs : 910.238.000 FCfa compte bancaire Karim Wade Julius Baër Banque : 2.128.095.898 FCfa compte bancaire Julius Baër Bank : 10.981.436.671 FCfa ; compte Sgbs Paris Madeleine : 48.169.323 F Cfa ; compte bancaire Singapour : 46.880.602 FCfa. A cela s’ajoute, d’après la Crei, les revenus de Karim Wade entre 2002 à 2012 perçus au titre de différentes fonctions de conseiller spécial du président de la République, président du conseil de surveillance de l’Anoci et ministre de la République. Ces derniers sont estimés à 504.000.000 FCfa.
 
Des supposés complices arrêtés puis blanchis.
 
Placé sous mandat de dépôt, puis envoyé à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss par le procureur spécial pré la Crei, Karim Wade emportera avec lui certains de ses anciens amis ou collaborateurs. Il s’agit, entre autres, de  Bibo Bourgi, Pape Mamadou Pouye, Pierre Agboba, Mbaye Ndiaye, Cheikh Diallo, Alioune Samba Diassé et Alioune Konaré. Envoyés à Rebeuss, de même que Karim Wade par Alioune Ndao pour délit de présumés complices, la plupart d’entre eux hument l’air de la liberté. À l’exception de Mamadou Pouye et Karim Wade, tous les autres bénéficient en ce jour d’une liberté provisoire et placés sous contrôle judiciaire pour certains.

 

source:http://www.sudonline.sn/de-la-reactivation-de-la-crei-a-l-inculpation-de-karim-wade_a_20168.html

 

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