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Transformation de poisson en Casamance à Kafountine, l’activité nourrit son homme !

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Jeudi 18 septembre 2014, il est 10h 40mn. Un soleil ardent annonce la pluie sur Kafoutine, situé aux côtes de l’océan Atlantique, dans l’extrême ouest de Ziguinchor (Sénégal). Sur la plage, nous assistons à un ballet de pirogues: les unes prenant le large, d’autres, pleines de poissons, sont entrain d’être remontées sur la berge. Cette épreuve nécessitant quelques énergies, les pêcheurs se stimulent mutuellement dans un concert d’interjections: aïe ! hop ! aïe ! hop ! Tout cela, dans une ambiance de courage et de joie. 
 
A quelques pas de là, le port de pêche fourmille progressivement de monde. Un vendeur de CD «offre gracieusement» la musique à tous ceux qui se retrouvent dans les environs, pendant que des taxis roulant à la quête d’un client, laissent entendre leurs klaxons. Dans ce bruit assourdissant, certains sillonnent l’allée principale du port, d’autres vaquent à leurs occupations. Le décor est plutôt celui d’un petit marché de poissons. En témoignent les tas de poissons pêchés et exposés pour  la vente, ainsi que les sacs de poissons fumés entassés les uns sur les autres le long de l’allée principale. «Ces poissons sont vendus par kilogramme aux habitants de Kafountine. Mais, ils sont aussi exportés vers le Burkina-Faso, la Guinée Conakry, le Mali, et même la Côte d’Ivoire», nous apprend Tamba, un ouvrier trouvé sur place, un peu réservé au début. Et son collègue de travail d’ajouter: «c’est pourquoi vous voyez des camions garés». Par un mouvement d’ensemble rythmé et sonorisé, des hommes «bien baraqués» chargent des sacs remplis de poissons fumés.
 
Burkina-Faso, Guinée, Mali, Côte d’Ivoire, etc. les marchés du ‘’kecax’’
 
Pendant ce temps, Tamba et son collègue, transpirant à grosses gouttes, sous le poids de la chaleur et du labeur, ramassent les peaux de poissons fumés jetés, pour les mettre dans des sacs. «Elles seront transformées soit en engrais, soit en farine pour l’alimentation du bétail», nous indiquent-ils. Près d’eux, une dizaine de femmes assises autour d’un tas de poissons fumés, suscite notre intérêt. Sans hésiter, elles interrompent leur discussion et, toutes souriantes, acceptent d’échanger quelques paroles avec nous. Elles habitent Kafountine, mais parfois, d’autres viennent des villages environnants. Leur travail consiste à préparer du «kecax» (sardine fumée et émiettée). Et, elles sont heureuses de pratiquer de métier. Par cette activité, «elles gagnent beaucoup et arrivent à s’occuper de leurs familles», affirme Tamba. Et d’ajouter: «il y a d’autres femmes qui font aussi ce travail». 
 
Comme elles, Tamba aussi gagne sa vie avec cette activité. «Je fais ce travail depuis 4 ans. Il me permet de subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille». Avec un air désormais rassuré, il poursuit: «par jour, je gagne 2000 ou 3000 F Cfa». Vêtu d’un pantalon et d’un tee-shirt bleu ciel trempé de sueur, il affirme être sur les lieux, comme tous les jours, depuis 5h du matin. Et, il «travaille toute la journée». A l’image des femmes ci-haut citées, il est «employé par une personne qui achète le poisson et le fait fumer. Puis, le poisson est décortiqué par les femmes et vendu». Ils en produisent au moins 1 tonne par jour, souligne-t-il. Le poisson est pêché par des jeunes sénégalais. Aussi se réjouit-il que le poisson, et les activités connexes et autres business qui se développent tout au tour, nourrisse beaucoup de familles. 
 
600 mille à 2 millions de personnes dépendent de la pêche maritime
 
Selon le site www.ikagel.com, citant l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), «au plan économique et social, le secteur de la pêche joue un rôle important dans l’économie du Sénégal. Il contribue, en effet, pour environ 2% du PIB (Produit Intérieur Brut) national. La valeur commerciale des produits a atteint 185 milliards de F Cfa en 2007. Il génère environ 600.000 emplois directs et induits. Et 1.600.000 à 2.000.000 personnes sont dépendantes de la pêche maritime. La pêche continentale, quant à elle, occupe environ 30 à 50.000 personnes. L’aquaculture, elle, intéresse 2.000 personnes». 
 
D’après une personne trouvée au port et qui a voulu garder l’anonymat, «la pêche est un pan important de l’économie casamançaise en général, et de Kafountine en particulier. Malheureusement, le conflit en Casamance a affecté et réduit le dynamisme de ce secteur». Nonobstant, il «espère et souhaite qu’un jour tout cela finisse, et que la paix définitive en Casamance redynamise, pour toujours, le commerce du poisson». Quant à Tamba, il conclut: «j’invite les jeunes à travailler à la sueur de leur front pour subvenir aux besoins de leurs familles, au lieu de chercher le gain facile!». Sur ces mots, nous prenons congé d’eux.

 

SOURCE:http://www.sudonline.sn/a-kafountine-lactivite-nourrit-son-homme-_a_20952.html

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