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  L’année  scolaire  2013/2014 s’en va laissant  derrière  elle,  la  désolation et la  désillusion chez  bon nombre  de parents et d’élèves. A l’image des années  précédentes  les  résultats  aux examens  de fins  d’années  ont  été  catastrophiques. Aussi bien au baccalauréat  qu’au Bfem et  au certificat  de fin d’études élémentaires, la  tendance  baissière se maintient, atteignant  dans certaines localités des records  de faiblesses inférieurs  à 20% notamment  pour  le  CFEE. Comme  raison à cette situation de «déliquescence», des problèmes structurels, mais  aussi matériels et  ressources  humaines  sont  évoqués par les acteurs.

 

Pour  cette  année  le  pourcentage  national au baccalauréat toutes séries confondues n’a pas excédé les 35%, idem pour  le  certificat  de fin d’études  élémentaires et le Bfem encore plus  catastrophiques. 
 
 
Et  paradoxalement, les deux  dernières  années scolaires  ont  connu  une  relativement  accalmie avec moins  de grèves des enseignants et des élèves. Un fait,  qui, pour  certains acteurs de l’école,  vient battre en  brèche  l’alibi  du déficit du quantum  horaire  et des  grèves cycliques  souvent  avancé  pour  expliquer les mauvaises performances  de l’école  sénégalaise  malgré  une pluie  de milliards. 
 
C’est  pourquoi de plus en plus  de voix  s’élèvent  pour  dire  qu’il est  temps de  se  pencher  sur  les véritables raisons  de ces contre performances  «afin d’arrêter ce cycle  d’échec massif» selon la COSYDEP. 
 
Cheikh Mbow et ses camarades constatent  «la poursuite d’un cycle durant lequel, l’examen  du baccalauréat s’est singularisé entre 2001 et 2013, par des taux de réussite extrêmement faibles, qui ont toujours varié entre 34 et 50%». 
Cette échec massif  touche  également le Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) avec  un résultat «désastreux de 33%». 
 
Ceux du Bfem  sont  dans les mêmes proportions. Autant  de faits qui constituent  selon cette organisation  «les preuves de la déliquescence indiscutable que vit notre école».
 
Plusieurs  raisons  sont  évoquées pour  expliquer  cette situation. Des professeurs interrogés indexent  un certains nombre  de facteurs  comme les effectifs pléthoriques, le manque de matériel pédagogique, mais  aussi des décisions  administratives inadaptées concernant  le passage des élèves.
 
En effet, selon M.  Mbodj professeur  de lettres dans un collège de Dakar, «ces mauvais résultats ne sont que le reflet du pilotage à vue  dans le système éducatif.» 
 
A l’en croire  aujourd’hui le  grand  problème dans l’école  sénégalaise  c’est d’abord les effectifs pléthoriques «quand  les apprenants dans une classe dépasse les quatre-vingt (80) élèves  (en banlieue de Dakar ils sont jusqu’à 120 parfois en 6ème et 5ème). Comment  peut-on demander à des enseignants d’avoir  un encadrement et un suivi  adéquats ?», se demande-t-il.
 
Absence de manuels officiels
 
Une situation aggravée par l’absence  de manuels  officiels  pour les programmes et les contenus d’enseignements. «Avant, pour  chaque  discipline  et pour chaque  niveau, il y avait  un manuel identique  pour tous les élèves.  On avait  les livres du programme  africain et malgache IPAM ou  la collection Hatier par exemple de la sixième à la première. Aujourd’hui, tous les programmes ont  été renouvelés mais ce renouvellement  n’est pas  accompagné de supports didactiques. Au contraire, le ministère  organise des séminaires par ci et par là avant  de demander  aux enseignants de se débrouiller  en s’appliquant  la méthode  de la pédagogie  des grands  groupes. Cela est une  utopie car même  là, on a besoin de matériel ordinateurs, rétroprojecteurs…sans oublier que dans certains établissements il n’y a pas d’électricité. C’est le cas dans les abris provisoires. C’est pourquoi, on assiste à une prolifération de fascicules  faits par des professeurs d’une même  discipline  et dont les contenus  ne  sont pas toujours adéquats. Alors, les manuels officiels étaient  faits sous la  supervision d’inspecteur  généraux  de l’éducation dans chaque  discipline», renchérit  M. Daouda Ndiaye professeur  de sciences de la vie  et de la terre. 
 
M. Dramé, conseiller pédagogique  itinérant  lui indexe la lourdeur  des programmes et les hésitations sur le choix de la méthode pédagogique, «les programmes sont trop lourds c’est-à-dire que le nombre  de leçons  pour  chaque discipline  est trop grand.  On  veut privilégier l’entrée  par les compétences tout  en accordant  encore une trop grande importance aux contenus» a-t-il expliqué.
 
A cela  s’ajoute  le problème  de la ressource humaine. Certains  enseignants  n’ont  pas le bagage  nécessaire pour  entrer  dans les  classes. «Un savoir pour pouvoir  l’enseigner, il faut le dominer  verticalement  et horizontalement, mais ce qu’on constate  aujourd’hui,  c’est  un grand  nombre  d’enseignants même parmi ceux qui sont sorti de la  FASTEF, il y a  beaucoup de faiblesses  pour  dispenser  des enseignements. On s’en rend compte  à l’occasion des évaluations  de fin de formation, mais avec le système  de la vacation, il est préférable de laisser ces gens-là passer  plutôt  que  de les retenir  pour  éviter  qu’après les autorités aillent  recruter des personnels   vierges   de toute  formation pédagogique initiale et les envoyer  directement  dans les classes pour  dispenser des cours.  Donc,  je  crois  qu’il faut  revoir la formation des enseignants  et surtout  relever le niveau  de  leur recrutement», confie  ce  formateur  à l’école  normale.
 
Au  delà de ces considérations matérielles,  les  acteurs  pointent  un doigt   accusateur   sur  «les incohérences  du système» avec le projet  «zéro redoublement» et  le «maintient  des enfants à l’école  jusqu’à seize ans».
 
En effet,  des  raisons liées  à la  scolarisation universelle et  le  besoin  de  se mettre à jour  par rapport   à des taux,  font  qu’aujourd’hui certains  estiment  que  «c’est l’Etat lui-même  qui cultive la  médiocrité  en  imposant   le  maintien  des élèves  à l’école  jusqu’à 16 ans. C’est à croire  que  l’enseignant  n’a plus  le pouvoir  de décision. Et pourtant, c’est lui qui dispense les cours  et procède à des évaluations pour juger  du niveau et des aptitudes des enfants. Dans tout  système  éducatif, il y a un principe  de filtre. Mais  là, un élève  peut  être  irrégulier,  se retrouver  avec une  moyenne  annuelle  inférieure  à 05/20. Si  vous le  renvoyez, les autorités  vous  demandent  de le reprendre. On copie  des modèles sur les pays  développés alors  que  ces pays  ont des  issus  intermédiaires qui leur permettent  d’orienter  l’enfant  qui a des difficultés dans l’enseignement  général vers des filières d’apprentissage  professionnel et  technique  alors  que  nous nous  n’avons pas ces possibilités», peste Mme  Mbaye, professeur  d’anglais  à Rufisque. 
 
Réforme mal maitrisée à l’élémentaire
 
Au niveau de l’élémentaire, la situation est  aussi compliquée  avec les effets induits d’une  réforme  mal maitrisée et consécutifs  à l’introduction du nouveau curriculum de base. 
 
Une  réforme  qui arrive  avec un handicap majeur, le manque  de formation des instituteurs chargée de la mettre en œuvre, même si les acteurs s’accordent  à dire qu’en soit,  elle est pertinente. Ils ont été formés selon l’ancienne méthode. Comme le dit  la directrice  de l’école  de élémentaire  de Keur  Mbaye  Fall, « la réforme est très bonne, il faut juste l’accompagner ». En effet, explique Mme Sall «les perturbations et les mauvaises performances  sont compréhensibles car elles sont liées aux innovations qui concernent aussi bien les élèves que les maitres  avec les différences d’approche dans les méthodes d’évaluation et d’apprentissage. Mais, ces perturbations peuvent être rapidement dépassées avec un appui conséquent  de l’Etat en termes de formation et de logistique».  
 
Pour elle, comme pour son collègue de l’école  Ndiagne Samb de Rufisque, «il faut revoir la formation et l’accompagner avec des moyens», car explique  M. Ndiaye Sarr  «l’intrant le plus important dans ce système c’est l’enseignant. Il  faut faire de sorte qu’il soit, à même d’exécuter les tâches qui lui incombent. C’est-à-dire qu’il puisse dérouler correctement  les enseignements apprentissages dans les meilleures conditions, qu’il dispose  du matériel requis et qu’il fasse l’objet  d’une bonne  formation.»
 
Heureusement que cette question de la  formation des maitres sur  le curriculum est désormais  prise en charge,  au niveau des centres de formation des personnels de l’éducation (CFPE).
 
source:http://senetoile.net/senetoile-webcast-regardez-la-tele-rts-2s-walf-tv.html

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