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  Au Sénégal, il y a toute une kyrielle d’affaires et de services autour du mouton de la Tabaski. Il faut visiter les foirails pour s’en rendre compte. Depuis plusieurs jours, les chauffeurs de clando, les vendeurs de corde, de thé, de café, de jus, ainsi que les charretiers et les restauratrices se frottent les mains. Chacun s’active et se bat pour s’en sortir malgré la conjoncture.

Il est 10 h 30 à Rufisque où le foirail refuse du monde. Plusieurs dizaines de personnes se faufilent entre les centaines de moutons exposés par les peulhs attendant des clients. Comme le mouton est déjà réputé cher, tous les prix sont permis pour les écouler. Dans cet environnement tendu et électrique où les acheteurs sont à la recherche du vendeur providentiel, tout un monde des affaires s’est mis en place. Chacun s’en fait à ses propres affaires et il fallait vendre à tout prix, pour survivre. Dans la clameur des klaxons des véhicules un vent de poussière s’élève mêlé à la chaleur.

 

 

A nous les cordes

 

 

 
Assis sous une tente, en cohabitation avec les vendeurs de moutons, Mbacké Yade, venu de Pékesse, veut écouler ses cordes au plus vite. Pour ceci, il observe minutieusement le mouvement des gens pour déceler de potentiels clients. Tout ce qui l’intéresse c’est de vendre les 2000 cordes qu’il a en stock. Ses yeux empoussiérés et rougis par la fatigue et le sommeil font entrevoir une sorte d’inquiétude. Avec ses jeunes frères, ils n’ont pas encore réussi à écouler leur marchandise au rythme souhaité. Les affaires n’ont pas encore pris une vitesse de croisière. Convaincu que tout dépend de la vente des moutons, il ne perd pas espoir malgré tout. « Nous sommes en train d’attendre. Si les moutons sont vendus, nos cordes seront sans doute achetées. Nous prions pour nos amis vendeurs de mouton car s’ils vendent, nous aussi, nous en tirerons profit. Présentement, nous sommes obligés de vendre nos cordes à 50 FCFA la pièce pour assurer notre survie. Notre dépense quotidienne varie entre 2000 FCFA et 2500 FCFA pour chacun de nous. Mais, si les choses marchent, nous vendons nos cordes à 100 FCFA», renseigne-t-il. Si tout avait marché comme prévu, les 2000 cordes vendues à 100 FCFA lui auraient ainsi rapporté 200.000 FCFA. 
 
Du thé pour dépoussiérer les gorges
 
Non loin de lui, DieynabouThioub, venue de Boune, vend du thé et de l’eau. Un de ses parents assis jalousement près d’elle attise le fourneau. Depuis huit jours elle s’est installée au foirail de Rufisque pour mener son «opération tabaski». Les peulhs se bousculent devant son thé pour dépoussiérer leur gorge. «Les affaires marchent très bien pour moi. Le thé est bien sollicité. Je vends vraiment beaucoup. Dieu merci. Chaque jour, je rentre avec 12.500 FCFA ou 15.000 FCFA », révèle-t-elle. Dieynabou a signalé qu’elle investit près de 10.500 FCFA par jour. Elle achète en effet 5 sacs de sachets d’eau de 25 FCFA et de 50 FCFA pour 700 FCFA le sac, ainsi qu’un paquet de 250 g de thé à 900 FCFA. Pour le sucre, elle achète 10 kg qu’elle utilise pendant plusieurs jours.
 
Pour sa part, Collé Ndiour, vendeuse de beignets, a bien avoué que les choses ne marchent pas encore pour elle-même si elle ne désespère pas. « Les années passées étaient vraiment meilleures que celle-là. Il semble que les gens n’ont pas d’argent. Les affaires ne marchent pas», dit-elle. Mais ceci n’empêche pas aux gens de goûter au plaisir des jus.
 
Au bissap ! Au jus !
 
Mame Thiaba Faye, vendeuse de jus de bissap et de lait, est pourtant découragée par le rythme des ventes. Elle estime que les affaires étaient plus porteuses les années précédentes. « Depuis 9 h, je suis là mais j’ai vendu peu de bouteilles. Les affaires étaient meilleures que l’année dernière », laisse-t-elle entendre au moment où un vendeur de mouton haletant de soif l’interrompait pour se faire servir. Les narines grandement ouverts, les yeux pétillant déjà de plaisir, le longiligne bonhomme attendait sagement d’être servi. 
 
Clando… Clando !
 
Près de la route, les chauffeurs de taxis clando et leurs radoteurs crient à tue-tête. « Clando ! Clando ! » Moustapha Diouf va à la rencontre d’une femme qui suivait quelqu’un qui lui tirait son mouton. Il arrive avant un autre chauffeur qui avait aperçu la cliente. Agrippé à la corde du malheureux caprin, il avait déjà commencé son marchandage. « Où vas-tu ? » La femme répond qu’elle rentre à Sicap Mbao. « C’est 3500 FCFA la course Madame », dit-elle. Malgré une tentative de réplique, la femme, sans doute pressée et fatiguée, finit par accepter de monter avec son mouton pour 3000 FCFA. Selon le chauffeur qui venait de prendre son deuxième client de la journée, «les affaires marchent car ils réussissent à doubler le prix normal de la course». Un autre chauffeur qui a préféré garder l’anonymat a révélé qu’il gagne quelque fois 8000 FCFA en une seule course. «Quand je prends quatre clients à qui je fais payer chacun 2000 FCFA avec son mouton, cela fait 8000 FCFA. C’est vraiment une bonne chose», sourit-il.  
 
Au même moment, de jeunes filles squattent le foirail avec des glacières remplies de sachets d’eau sous la chaleur accablante dont elles ne se soucient point. Car, ayant la principale ambition de réussir leur action de vente pour avoir de quoi acheter la mèche ou des chaussures pour la Tabaski. La fête du sacrifice du mouton est un moment dévotion dans le monde musulman, mais au Sénégal, elle entretient particulièrement un bon environnement des affaires. Chacun y retrouve son compte même si la Tabaski 2014 a la particularité de tomber sur une période jugée austère par les populations.
 
source:http://www.sudonline.sn/le-mouton-favorise-un-bon-environnement-des-affaires_a_21083.html

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