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Sénégal - Signature du protocole d’accords, assises de l’éducation et de la formation les espoirs volent en éclats

Éducation / Formation
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Si on devait prendre la température du secteur de l’Education dans cette année écoulée (2014), l’on découvrirait aisément que la situation n’est pas aussi bonne. Et c’est le moins qu’on puisse dire. Les espoirs placés à l’occasion de la signature du protocole d’accords entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants, la tenue des assises de l’Education et de la Formation avec ses fortes recommandations pour la refondation de l’école sénégalaise n’ont pas suffisant pour relancer l’école sénégalaise à l’agonie. Deux évènements phares qui ont obligé les acteurs du monde de l’Education de rester sur leur faim. Les espoirs ont fini par voler en éclats. Pourtant, le soir du 17 février marqué par la signature du protocole d’accord a retenu l’attention des acteurs qui espèrent afin une période d’apaisement de l’espace scolaire. Les deux parties mettent fin à une longue série de rencontres qui s’étaient toujours soldées par des échecs dont les points dudit protocole ont été jugés réalistes et réalisables. Toujours est-il que les syndicats d’enseignants attendent l’application des engagements pris par le gouvernement et menacent de déposer un préavis de grèves. Fini le délai de grâce accordé au gouvernement, ils ont décidé de déterrer la hache de guerre en allant en grève pour dénoncer les lenteurs de l’application des points inscrits dans le protocole d’accords. Le Grand cadre se réunira à cet effet à Saly (Mbour) à partir du 10 janvier pour donner suite à son combat qu’il compte mener contre les agissements de sa tutelle. 

 

 
 
Après la signature du protocole d’accords instaurant une accalmie de l’année scolaire, les assises de l’Education et de la Formation ont été tenues – les 28, 29 et 30 août - pour dégager les voies et moyens d’une école véritablement sénégalaise. En d’autres termes : une école capable de prendre en charge les  besoins de la société, tout en promouvant l’émergence d’un citoyen éduqué. Une école de la réussite. Les 10 axes retenus qui fondent les orientations d’une école refondée dorment toujours dans les tiroirs, malgré les assurances du Premier ministre, Mahammad Dione qui s’était engagé à l’application, « cette fois-ci » des conclusions des Assises. Le conseil présidentiel sur les assises de l’Education et de la Formation, tarde à se tenir pour permettre aux conclusions de ne souffrir d’aucun retard. Ce qui a encore soulevé l’ire des syndicats d’enseignants qui pointent du doigt les autorités dont les yeux, disent-ils, sont rivés ailleurs que sur le secteur. 
 
Tous les indicateurs sont au rouge
 
Malgré ces avancées significatives qui ont motivé l’apaisement de la précédente année scolaire, les problèmes du secteur persistent. Le malaise s’est installé et continue de prendre en otage l’école sénégalaise. Tous les indicateurs sont au rouge. En atteste cette tendance baissière des résultats des examens qui ont fini par confirmer les désillusions et désolations chez bon nombre de parents d’élèves. Les résultats catastrophiques du Bac, Bfem et de Cfee avoisinent respectivement 31,3%, 41,2% avec une chute à 18,4 points et 33%. Au- dela des perturbations, les principales causes de ces mauvais résultats sur le non respect du quantum horaire qui est en deçà des 900h souhaitées, le déficit de tables-bancs au niveau national. Sans oublier l’absence de l’eau et d’électricité dans les écoles publiques, l’absence  cyclique et durable pour raison de salaire des personnels. Les professeurs de Mathématiques, Philosophie, Espagnol, Sciences physiques, Sciences de la vie et de la terre, entre autres, sont devenus une denrée rare au moment où on note un surplus de 1287 enseignants dans 16 disciplines dont 522 en Lettres Histoires-Géographie et 166 en Lettre-Anglais. 
 
Qualité de l’enseignement
Et si les responsabilités étaient situées ?
 
«Le Sénégal a beaucoup fait en matière d’Education. Ce qui le propulse dans le top 5 des pays africains qui investissent le plus dans l’Education (…). Sous ce rapport, il est très étonnant, voire incroyable qu’un pays qui a des documents programmatiques aussi solides que le PSE, qui consacre 6% de son PIB à l’Education et la Formation – contre 4,6% pour la moyenne africaine – soit toujours au rang de 154ème sur 187 pays dans le classement de l’Indice de développement humain (IDH) ». Ce message fort de  la directrice du Breda-Unesco et représentante du Système des nations unies au Sénégal en dit long sur un système éducatif avec ses multiples programmes qui continue de battre de l’aile. L’année 2014 confirme cette assertion de Thérèse Ndong-Jatta qui s’exprimait à l’occasion de la cérémonie d’ouverture des Assises nationales de l’Education et de la Formation.
 
Si la baisse de la qualité des enseignements n’est plus à démontrer, il n’en demeure pas moins que s’interroger sur les facteurs les plus déterminants pour une école de la réussite s’impose. En dépit d’une série de réformes, notamment le Paquet, le nouveau curriculum de base, la qualité demeure une préoccupation de tous les segments du secteur, notamment l’élève et ses parents, l’enseignant et l’Etat. Comment situer les responsabilités sur la qualité devenue une denrée rare au Sénégal ? 
 
La question mérite d’être posée si l’on sait que certains observateurs estiment sans ambages si la pédagogie fait défaut, les risques d’avoir de mauvais résultats sont énormes. D’autres soutiennent que non seulement les élèves sont faibles parce que le niveau des enseignants a baissé mais aussi l’encadrement des parents reflète les performances de l’élève en classe. Tout le monde s’accorde à dire que le facteur le plus déterminant pour la qualité à l’école  est le facteur enseignant. Le président de la Fédération des associations des parents d’élèves et étudiants du Sénégal n’en dira pas le contraire. Bakary Badiane estime que « L’enseignement est un métier que l’on apprend. Comment avoir de la qualité quand on prend des élèves qui ont le Bac et le Bfem pour les mettre devant les élèves. Ils ne peuvent pas donner de bons résultats. Le premier problème qui s’est posé est la qualité des enseignants. Pour lui,  on s’est rendu compte que les enfants sont extrêmement faibles parce que les enseignants n’ont pas eu la formation adéquate. L’enseignant doit être le principal responsable si l’on sait qu’il passe plus de temps avec l’enfant ».
 
Regrettant le doigt accusateur porté sur les enseignants sur la baisse de la qualité des enseignements apprentissages, le vice-coordonnateur du Grand cadre a souligné que « le problème existe parce que plusieurs générations d’enseignants n’ont pas suivi de formation. A ce niveau les carences ne manquent pas dans l’exercice de leur fonction ». pour Omar Waly Zoumarou, il est question que « les enseignants puissent subir une formation avant de dispenser des enseignements ». Et d’ajouter : « nous exigeons que l’Etat recrute des enseignants en nombre et en qualité pour pouvoir couvrir toutes les classes. Il faudrait impérativement que le recrutement tend vers le supérieur, notamment la licence ou la maîtrise. C’est dans ces conditions qu’on peut avoir des enseignements apprentissages avec un accompagnement de l’Etat, notamment en manuels didactiques », a-t-il souhaité.
 
Redoubler les efforts consentis 
 
Si la qualité de l’enseignement est remise en cause, il est toutefois heureux de constater que les efforts ont été consentis par les autorités étatiques, notamment le niveau de recrutement des enseignants. Désormais, il faut avoir le baccalauréat pour participer à un concours de recrutement des enseignants. Une démarche qu’il faut appuyer, selon Bakary Badiane, dans la mesure où elle, souligne-t-il, un début d’amélioration de la qualité des enseignements est noté. 
 
«  Les enseignants passent un concours et sont formés pendant 9 mois dans les centres de formation avant de se retrouver en classe. Le niveau de recrutement a été élevé. On va relever le niveau de formation et d’étude pour une qualité de l’enseignement », a affirmé M. Badiane. Autre facteur favorisant la qualité de l’enseignement est la limitation des grèves et le respect du quantum horaire. Selon Bakary Badiane, « ces deux considérants entrainent une baisse du niveau des élèves qui passent en classe supérieure en trainant avec eux des lacunes. De ce fait nous avons des produits faibles ». 
 
Mirador, une plateforme à problèmes
 
Pour une gestion professionnelle et équitable des ressources humaines, le ministère de l’Education nationale avait lancé le nouveau système de Management intégré des ressources axées sur une dotation rationnelle (Mirador). Ce mécanisme lancé par Serigne Mbaye Thiam, le 15 avril dernier, permet aux enseignants de formuler leur demande en ligne et de recevoir un accusé de réception en ligne et une réponse sur leur demande de mutation ou d’affectation. Cette fonctionnalité permettant aux enseignants d’exprimer leurs vœux de réaffectation n’a pas manqué de connaitre des résistances de la part des syndicats d’enseignants. Ils sont montés au créneau pour déceler les failles de cette plateforme.
Ils soutiennent que les enseignants éprouvent des problèmes de connexions pour postuler dans le Mirador, bien qu’étant une initiative à saluer pour une gestion efficiente et équitable des ressources humaines. « Si c’est au niveau central qu’on rencontre des problèmes de connexion, que dire alors des autres régions ou la connexion est une denrée rare. Les séances pratiques à l’occasion d’un atelier au CNRE nous montrent effectivement qu’il y a un problème de connexion pour s’inscrire », avait soutenu M. Zoumarou.
 
Le Paqueb, un outil pour la qualité de l’enseignement
 
Le lancement du Programme d’amélioration de la qualité et de l’équité dans le secteur de l’Education de base (Paqueb) a été une initiative salutaire dans la gestion du secteur dont la finalité reste l’amélioration de la qualité. Outil d’opérationnalisation du Paquet, ce nouveau programme vise essentiellement à transformer qualitativement et quantitativement les écoles et les inspections sur la base des Contrats des performances fondés sur des engagements mutuels, avec d’une part, l’Etat apportant les ressources financières et l’encadrement d’autre part, les acteurs à la base s’engageant à atteindre des résultats. Les Cdp qui sont centrés sur l’enseignement des sciences, des mathématiques et des technologies, entendent attaquer le mal à la racine. Chaque année, une évaluation est faite et une l’allocation des ressources réajustée en fonction des résultats obtenus par chaque acteur contractant.
 
L’application du Curriculum de base à la traîne
 
Expérimenté depuis quelques années et mis à l’essai au niveau national, le curriculum de base tarde à porter ses fruits, c’est-à-dire  un enseignement de qualité au niveau de l’élémentaire. Les résultats enregistrés à l’examen du Cfee des deux dernières années montrent  que l’application de cette nouvelle réforme du curriculum de l’éducation de base pose quelques problèmes. L’appropriation parfaire de la nouvelle réforme aussi bien par les élèves que par les enseignants est l’équation à résoudre.  Certains observateurs avertis estiment même que la maitrise de la notation et les barèmes ne sont pas ancrées au niveau des enseignants. Ils éprouvent des difficultés à s’intégrer dans les nouvelles exigences de la réforme. En attendant d’y voir plus clair, la première et deuxième année d’évaluation certificative ont été catastrophiques.  Les résultats de 2013 et 2014 du Cfee n’ont jamais dépassé la barre des 35%.  
 
Fraude sur le concours des élèves maîtres, une sanction controversée  
 
La sentence est tombée comme un couperet. Le ministère de l’Education nationale annule l’admission des 690 élèves-maîtres à l’occasion du concours de recrutement des élèves-maitres (Crem), session 2013-2014. Serigne Mbaye Thiam soutient que les mis en cause ont bénéficié de notes falsifiées et procède  à leur remplacement par les candidats les mieux classés de la liste d’attente. Sa décision a été motivée par une mission d’audit qui, suite à une vérification minutieuse, a relevé que les notes réellement obtenues par certains candidats ne sont pas conformes à celles saisies dans la base de données et celles qui figurent sur les manuscrites des correcteurs. Un acte de  fermeté et de lutte contre les pratiques malsaines de fraude, de corruption et de malversation dans le système éducatif salué par une catégorie d’acteurs du système qui parlent d’assainissement. Leur admission annulée, les élèves maîtres ont déposé un recours auprès de la Cour suprême pour faire défendre, disent-ils, leur droit. Pendant ce temps-là, le Grand cadre des syndicats d’enseignants regroupant, entre autres, le CUSE, le CUSEMS, le SAEMS-CUSEMS et le SELS-Authentique, l’ODES, indexe la direction des Ressources humaines du ministère de l’Education nationale (Men) dont la responsabilité est entière dans le concours de recrutement des élèves-maîtres. Les syndicats d’enseignants s’étonnent pourquoi « la sanction ne tombe que sur la direction des Examens et Concours (Dexco) et celle de la Formation et de la Communication alors que la Drh, maitresse d’œuvre, est blanchie ». 
 
Recrudescence de la violence en milieu scolaire
 
Voilà un phénomène qu’il faut bannir de l’école sénégalaise : la violence en milieu scolaire. L’année 2014 a été aussi marquée par des incidents malheureux qui ont émaillé l’école. Pas des moindres. Une enseignante a reçu un coup de couteau pour avoir exclu un élève du cours de Mathématiques à Saint Louis, précisément au lycée Oumar Foutiyou Tall au mois de février. Ce qui a soulevé l’ire des professeurs qui avaient demandé l’exclusion immédiate et définitive de l’élève en question. Plus de peur que de mal. Le professeur est sortie indemne. Ce même fait, cette fois-ci avec des menaces, s’est produit à Kaffrine où deux élèves avaient menacé de battre leur surveillant qui leur avait demandé d’enlever leur “ndiël”, un pendentif.
 
source: http://www.sudonline.sn/les-espoirs-volent-en-eclats_a_22479.html

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