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C’était dans l’air que les empoignades entre l’Etat du Sénégal et les conseils de Karim Wade seraient de haute voltige lors de la première journée du procès. Ces conseils, sortant tous les atouts de leurs manches, ont misé à fond sur la carte de l’ajournement. Provocation, roublardises procédurales, finasseries juridiques tout y est passé avant de faire un grand pschitt.

La formule la plus expéditive pour clore le procès était d’y donner un coup de frein, explorer les voies et moyens pour en obtenir l’ajournement. 

 

Les militants du Pds, affidés et inconditionnels de Karim Wade souvent célèbres par leurs excès, n’ont pas fait dans la dentelle. Hier, ils ont revisité tout leur répertoire et récité leurs gammes les plus sélectes : invectives, injures, chahuts, raffuts, provocations non déguisées. Dans la touffeur de la salle, ils interpellent intempestivement les magistrats de vive voix, hèlent les uns, apostrophent les autres. Dans la salle d’audience, ça fait un grand raffut. Dans les rangs des sympathisants de Karim, il faut générer un tohubohu à même d’autoriser le juge à ordonner l’évacuation de la salle et par-là, porter un coup à la tenue du procès. L’autre alternative consiste à pousser à bout les forces de sécurité et susciter un affrontement pour arrondir prématurément le point final de cette journée de procès. Devant cette éruption, la cour est restée impériale et concentrée, faisant preuve à la limite d’une force d’âme prodigieuse pour se placer au-dessus de ces agissements. 
Les observateurs rompus au rituel des audiences commentent : «Le président Henri Grégoire Diop a été solide de bout en bout. Il a laissé faire et ne s’est pas laissé embarquer dans le jeu des affidés de Karim.» Le président de la cour a officié avec tact et compréhension pour dépassionner les débats. Sa pondération et sa tolérance devant certains faits ont souvent été jugées excessives par certains spectateurs, mais le magistrat fort de plus d’un quart de siècle de pratique a drivé de main de maître le procès. Dans les coursives des tribunaux, il s’est taillé une solide réputation de juge pragmatique et sérieux. Pourtant, cette bonhomie et cette magnanimité n’ont pas empêché aux juges de faire preuve de détermination en décernant un mandat d’amener à l’encontre de Bibo Bourgi quand il n’a pas voulu déférer à la convocation. Et quand les débats ne le concernaient pas, les juges ont surtout eu l’intelligence et la délicatesse de le laisser retourner à la clinique. 

La jurisprudence a déjà interdit la constitution d’un membre du gouvernement
A côté du front ouvert par les souteneurs de Karim Wade, les juges ont également affaire à forte partie avec les avocats de la défense. Dopés par l’enjeu, le public et la médiatisation, ils multiplient les brèches. Lâchant la bride aux avocats de la défense, les magistrats ont évité d’être taxés d’aller à l’encontre des droits de la défense. Ils ont laissé aux avocats le temps de s’exprimer à satiété et ont fait preuve d’une incroyable patience. «Ils prennent tout leur temps et parlent à tort et à travers», hoquète un chroniqueur. Chez les juges, le mot d’ordre est immuable : «On ne vous interrompt pas, on vous laisse vous expliquer parce que si on ne le fait pas vous direz qu’on est en train d’entraver les droits de la défense. Donc, on vous laisse parler et nous prenons acte.» 
Pourtant au plus fort de l’audience, plusieurs éléments venant accréditer la thèse de la volonté de bloquer le procès ont été éventés. L’un d’eux interroge : «Pourquoi Mes Souley­mane Ndéné Ndiaye, El Hadji Ama­dou Sall et Madické Niang, ont-ils attendu le jour du procès pour se constituer avocats de Karim Wade ?» L’astuce est cousue de fil blanc. Le jour-J, les avocats nouvellement constitués demanderont à la cour de leur donner le temps nécessaire pour «étudier» le dossier Karim Wade riche de ….46 mille pages. Ils au­raient pu se constituer avocats depuis le début de l’affaire. Me El Hadji Amadou Sall a pour sa part, pendant des mois, défendu Karim Wade dans les médias, sans avoir au préalable formalisé sa constitution. Pour les observateurs, ces cadors du Barreau avaient la latitude de le faire depuis longtemps. 
Dans la salle, un autre débat s’est posé, articulé autour de la constitution de Mes El Hadji Amadou Sall, Souleymane Ndéné Ndiaye et Madické Niang tous anciens ministres. Pour Me El Hadji Diouf, la loi interdit que des avocats membres du gouvernement viennent se constituer pour ou contre l’Etat. Pourtant, cette question a déjà été évoquée devant la justice sénégalaise il y a quelques mois, lors du procès des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop où Souleymane Ndéné avait voulu se constituer avocat. L’agent judiciaire de l’Etat avait récusé sa constitution et le Tribunal régional le suivant en cela, avait effectivement considéré que Souleymane Ndéné n’avait pas qualité pour se constituer en tant qu’avocat contre l’Etat du Sénégal. 

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source:http://www.lequotidien.sn/index.php/la-une2/7164-ouverture-du-proces-de-karim-a-co--la-defense-nhenri-pas

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