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 Blaise Compaoré

L’OBS – Un vent mystique souffle maintenant sur le continent africain. Et comme disait le Pape du reggae, Bob Marley dans une de ses chansons (Natural Mystic), «Si vous écoutez attentivement vous allez l’entendre.» Un vent a emporté, hier, Blaise Compaoré, à la tête du Burkina Faso, pour ne l’avoir pas vu venir, pour n’avoir pas entendu son souffle. Pis, Blaise Compaoré n’a rien retenu du message de Dakar à la date du 23 juin 2011, ni même du sort du Président Laurent Gbagbo (jugé à la Cour pénale internationale) en voulant juste s’accrocher au pouvoir. En effet, le 23 juin, l’ex-Président Me Abdoulaye Wade voulait faire passer une loi créant le poste de vice-président. Mais, il a été obligé de retirer son projet de loi à cause des manifestations des partis d’opposition et de la société civile. Bien vrai qu’il avait réussi à se présenter pour un troisième mandat occasionnant la mort de plusieurs manifestants, mais il a été sanctionné lourdement en n’obtenant que 34,20% contre 65,80% pour son ex-Premier ministre, Macky Sall, élu Président.

 

Et le Président Blaise Compaoré qui fait partie du cercle des Présidents qui veulent se maintenir au pouvoir à vie voulait coûte que coûte modifier l’article 37 de la Constitution Burkinabé pour obtenir un troisième mandat. Alors qu’il n’a pas rampé pour accéder à la Magistrature suprême. Car, c’est suite à un coup d’Etat sanglant et une haute trahison contre son ami Thomas Sankara qu’il est devenu Président. Et depuis 27 ans, il est à la tête du Burkina Faso, sans faire avancer le pays.

 

 

Cet homme masqué que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) confie la médiation de certaines crises n’a jamais été pris en considération par certains chefs d’Etat en l’occurrence l’ex-Président Laurent Gbagbo, le Malien Ibrahima Boubacar Keïta…Et, ils ont eu raison sur leurs pairs à la lecture des évènements d’hier à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso. Le Président du Faso a montré, hier, son vrai visage de mercenaire. Car, la veille du vote du projet de loi, il avait pointé des snipers sur les principales artères menant à l’Assemblée nationale avant de quadriller la zone avec un dispositif impressionnant. Une stratégie visant à protéger les députés à sa solde pour qu’ils puissent aller voter le lendemain (Ndlr : hier jeudi), en douceur, la loi modifiant l’article 37 de la Constitution lui ouvrant la voie à un autre mandat.

Mais, Blaise ignorait que la jeunesse africaine est décidée à prendre son destin en main. Parce que personne d’autre ne viendra développer l’Afrique pour eux. Il s y ajoute que le temps des Présidents à vie est révolu en Afrique. Par conséquent, le peuple burkinabé a marché, hier, sur l’Assemblée nationale, tôt le matin, en affrontant les mercenaires du Président Compaoré, avant d’incendier le Parlement. Obligeant du coup les députés à la solde de Compaoré de déserter les lieux. Sachant que les carottes sont cuites et que les manifestants allaient le déloger du Palais, le Président Blaise Compaoré a immédiatement annulé le vote du projet de loi. Mais, c’était trop tard. La machine pour déloger le Président dictateur est mise en branle. Et la France qui assure l’intégrité physique de certains chefs d’Etat africains s’est montrée prudente en appelant au calme et à la retenue, alors que son Ambassadeur à Ouagadougou discutait de la transition avec les partis d’opposition à leur siège. Washington de son côté a fait part de son inquiétude face à la situation. L’armée qui craint des poursuites au plan international, suite à la mort d’une vingtaine de manifestants, a appelé au calme en s’alliant du côté des manifestants en levant les mains en l’air.

Mieux, le Chef d’état-major de l’armée a ouvert des négociations avec le Chef d’état-major particulier du chef de l’Etat, pour trouver une porte de sortie de crise. Une seule, réclame le peuple : Le départ du Président Blaise Compaoré. Seulement, ce dernier qui est un fin stratège cherche toujours à trouver un moyen pour s’accrocher au pouvoir, au prix de sa vie. Toutefois, l’armée qui a la haute main sur le pouvoir a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale, l’instauration d’un couvre-feu et la mise en place d’une équipe de transition à la tête du pays pendant un an. Le Général en retraite Kouamé Lougué viendra-t-il répondre à l’appel de la Nation. Car hier, devant les grilles de la Présidence, des dizaines de milliers de manifestants ont scandé son nom. Cet ancien Chef d’état-major des armées et ex-ministre de la Défense a été limogé par le Président Compaoré en 2003. Il jouit d’une grande admiration du peuple burkinabé.

En tout cas, Blaise Compaoré a raison de s’accrocher le plus longtemps possible au pouvoir. Car, il a à son actif des dossiers explosifs. D’abord, il a les mains tachetées de sang avec l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, le 13 décembre 1998. Il enquêtait sur la mort de David Ouedraogo, nom du chauffeur de François Compaoré, frère cadet du Président du Faso et aussi son Conseiller économique. Le chauffeur a été tué, le 18 janvier 1998, à l’infirmerie de la Présidence du Faso, suite à des tortures infligées par des éléments de la sécurité présidentielle.

Il est impliqué également dans l’assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987, son ami avec qui il avait réussi le coup d’Etat de 1983. Ce panafricaniste et anti-impérialiste a rebaptisé la Haute Volta pour lui donner le nom de Burkina Faso. Toutefois, des informations toujours non confirmées font état d’un feu vert de la cellule Afrique de l’Elysée à ce putsch fratricide de 1987. Si l’on sait que le Président François Mitterand qui avait effectué une visite officielle à Ouagadougou, le 17 novembre 1986, était très remonté contre le discours guerrier et provocateur du jeune Président Sankara. Qui l’avait également fait écouter de la musique reggae (une musique révolutionnaire) lors du dîner de gala qu’il lui avait offert à son honneur.

Un rapport des Nations unies révèle également que le Président Blaise Compaoré est un trafiquant d’armes, de diamants et d’or. Le document des Nations unies mentionne que le Président menait son trafic en Angola. Des dossiers qui seront rouverts contre lui une fois qu’il retournera dans la vie civile.
MAMADOU SECK

 

SOURCE: http://www.gfm.sn/le-president-blaise-compaore-chasse-par-son-peuple/

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